• Blessures de l'âme, les conséquences...

     

    Bonsoir, chers lecteurs et amis.

     

    Si, ce soir encore, je me retranche volontairement chez moi pour laisser couler mes émotions sur une page Libre Office, c'est que, vous vous en doutez : j'ai des choses à dire. Des choses qui me tiennent à cœur, sur lesquelles je n'ai pas envie de rire ou d'utiliser l'ironie et le sarcasme qui sont miens actuellement. Je veux parler ici du traitement dans les mots et/ou attitudes des maladies psychiques, par les psychiatres, les soignants, les proches et la famille.

     

    Vous commencez à le savoir : je suis schizophrène depuis juillet 2010, j'ai été hospitalisé une fois en clinique psychiatrique, de ma volonté. Et depuis, j'essaie tant bien que mal de retrouver ma place dans cette société. Laquelle société use tout son pouvoir bureaucratique pour nous mettre des bâtons dans les roues, nous qui sommes atteints par des maladies telles que la schizophrénie, la dépression nerveuse, les troubles bipolaires, les troubles de l'angoisse généralisés, l'hyperactivité, et tant d'autres. Pourquoi ? Tout simplement pour nous coller dans le seul rôle qu'elle nous voit occuper en son sein, c'est à dire « incapables de travailler, de faire quoi que ce soit, d'avoir une vie sociale ». C'est un état de fait, je l'ai très bien compris, entre deux rendez-vous à Cap Emploi pour leur pitoyable « dispositif de réhabilitation ».

     

    Cela dit, toutes les personnes affectées par ce genre de pathologies peuvent mener une vie à peu près normale grâce au nécessaire traitement médicamenteux, une vie sociale, professionnelle, affective, occupationnelle. Le gros problème, c'est en fait la prise en compte de ces affections lourdes par la famille, les proches, les amis. Moi qui vous parle, j'y ai laissé des plumes… Tout comme ma famille proche, en fait. Eh oui, parce que les inévitables moutons sursaturés de télévision crasse qui nous servaient d'amis à l'époque ont pris peur, et pris leurs distances, devant l'ampleur de la souffrance qui m'atteignait. Idem pour mes amis personnels : sur tous ceux que j'avais à Grenoble, c'est à dire près d'une trentaine, il ne m'en reste plus qu'une poignée. A commencer par Orèl la Farfadette et son Lutin de compagnon, Myriam, Marjo la Korrigane, Saurus Devletian, Salad', qui ne manquent jamais d'être là pour me donner de leurs nouvelles et prendre des miennes. Les autres m'ont abandonné, ni plus ni moins. Comme une vieille chaussette. (Retour en arrière) Il faut dire que Skog (voir Chemin de Haine) a compris que je pouvais être extrêmement dangereux pour lui et sa logistique du pentacle inversé, dans le sens où, si ça me prenait, je pouvais choisir d'aller parler aux forces de l'ordre, pour qu'ils sachent la vérité. Et non tout ce que les mêmes moutons ont baragouiné sur mon compte pendant un ou deux mois, alors que je délirais (il est tellement plus facile de s'attaquer à quelqu'un qui souffre...)

     

    Maintenant, je comprends, à la relecture de ce pamphlet inspiré par ma divagation caféinomane du soir, la nécessité de mon exil dans la Creuse… La première raison était bien évidemment de me couper de certaines personnes toxiques au plus haut point. La seconde était de me mettre en retrait de ce milieu Metal sur Grenoble. Non pas du milieu tout entier (quoique), mais bien de l'influence nocive de quelques uns (voir Chemin de Haine, encore une fois). La troisième était une façon appréciable de trouver ma rédemption en m'abrutissant à concevoir un projet de vie ici, dans la Creuse. Deux réussites, un échec. Maintenant, je me suis apaisé, j'ai mangé et digéré ma haine, il n'en reste plus rien.

     

    A mes amis, mes frères et sœurs de souffrance, j'aimerais dire ceci : si votre psychiatre est un CON, changez-en. Même s'il faut attendre deux heures à chaque rendez-vous, faites une liste de ce que vous voulez lui dire. N'hésitez pas à lui demander une aide morale ou psychologique, des solutions existent. Ne vous réfugiez jamais dans l'alcool ou la toxicomanie, ça n'amène rien de bon dans votre parcours de vie. On choisit ses amis, mais rarement sa famille, dit la chanson. Je suis peut être toujours un putain d'idéaliste, mais je rêve d'un monde dans lequel il y aurait une réelle sensibilisation aux troubles psychiques. Quitte à faire des cours au collège ou au lycée, pour que les jeunes arrêtent de juger les « fous » ou les « suicidaires » pour lesquels nous pouvons passer dans nos pires moments. Quitte à faire intervenir un psychiatre renommé. Et, pour les parents ou la famille qui ne veulent pas admettre la réalité de la souffrance de leur enfant (quand bien même ils sont infirmiers en psychiatrie ou même psychiatres, cherchez l'erreur), je proposerais bien une magnifique bordée de coups de pied au cul, donnés par mes Rangers en pointure 47, à ces braves gens. Rien que pour leur remettre les idées en place une bonne fois pour toutes.

     

    Car, vous le savez, chers lecteurs et amis : dans un cas de maladie psychique, non seulement la prise en charge, mais le soutien (ou non) de la famille et des amis sont déterminants pour l'évolution, bonne ou mauvaise, de la souffrance vécue par la personne malade. Donc, si les parents d'un jeune schizophrène, dépressif ou bipolaire, se contrefoutent de leur enfant qui est en pleine souffrance (et bien souvent, en pleine négation de sa propre souffrance, s'il est dans un délire à consonance mystique), ce dernier risque fort d'échouer dans tout ce qu'il entreprend, à se replier encore plus sur lui-même, à perdre ses derniers amis, puis tout espoir dans la vie, et tentera un jour de mettre fin à son existence ! Là, ça y est, vous avez compris, bande de moutons incultes (ceci était destiné aux porteurs d’œillères) Vous voulez vraiment que votre enfant, votre meilleur ami, votre frère ou votre sœur, commence à se mutiler, à vivre dans un repli quasi-autistique, puis fasse une tentative de suicide ? Non, évidemment !

     

    Alors, oui, les blessures de l'âme sont éternelles. Ça peut arriver à tout le monde, sans distinction d'âge, de sexe, de statut social. Si cela peut vous rassurer, je vous dirais que de grands artistes étaient, ou sont schizophrènes, dépressifs ou bipolaires. De même que de grands scientifiques, de fameux peintres, ou d'autres personnalités. Et un jour, on finit par se rétablir, aller mieux, oublier peu à peu, sans pour autant arrêter le traitement. Le mieux vivre dans les cas de maladies psychiques passe avant tout par le respect de la médication et des interdits (alcool, cannabis), par une bonne hygiène de vie, et par la compréhension, indispensable.

     

    Bon courage à tous ceux et à toutes celles qui souffrent, bon courage à leurs familles et amis… Et si jamais vous avez envie d'en parler, vous savez bien que vous pouvez compter sur moi.

     

    A très bientôt, que les Dieux vous gardent.

     

    - Krähvenn "Trollsson" Vargbroder

    « Pourquoi se voiler la face ? C'était mieux avant...La tribune du Jay : nouveau départ ! »
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