• Columbine 1998 - La revanche des losers ?

    Bonsoir, chers lecteurs et amis.

     

    Je sais, cela fait un certain temps que je ne me suis pas adressé à vous. Je m’en excuse, mais mes divagations nocturnes font que j’ai rarement la force d’écrire plus de quelques lignes, au mieux deux paragraphes. En plus, j’ai comme l’impression que j’ai, peut être, « épuisé » tous les thèmes que je traite habituellement. Culture, liberté, rejet de certains aspects de ce monde « moderne » et « surmédiatisé »… Mais maintenant, il me vient à l’esprit le souvenir du visionnage d’un ancien documentaire de Canal + (avant la reprise par … qui vous savez, bien sûr), sur un thème qui me frappe particulièrement. A savoir la fusillade meurtrière qui a eu lieu une matinée de 1998, au sein du lycée Columbine, près de Denver, aux USA.

     

    ATTENTION : Je ne fais en aucun cas l’apologie de ce genre de crime de masse. Je ne l’ai d’ailleurs jamais fait (sinon, croyez bien que je serai entre quatre murs…) Cependant, des raisons bien précises, et qui n’ont été dévoilées que récemment, me poussent à croire que la tuerie préméditée de Columbine était non seulement sortie de l’imagination délirante de deux jeunes psychopathes, mais en plus, comme une sorte de « revanche des losers ». Pourquoi est-ce que j’emploie ce terme ? Vous allez le voir.

     

    D’après les documents rendus publics par la police Américaine et par le FBI, un point majeur ressort : Eric Harris et Dylan Klebold (les deux meurtriers) étaient… tout sauf « normaux », du point de vue des groupes culturels et sociaux que l’on observait à l’époque (et que l’on observe encore) dans les lycées Américains. A savoir qu’ils avaient deux « facettes », tel Janus, le dieu Romain et ses deux visages. En fait, il s’est avéré qu’ils cachaient bien leur « jeu »… Ils s’intéressaient beaucoup à l’informatique, à Internet, aux nouvelles technologies, mais également à la science-fiction et à bien d’autres choses… D’après un psychiatre qui a parcouru les journaux intimes de Harris et de Klebold (ainsi que le site Internet de l’un d’entre eux), les deux jeunes cachaient une noirceur profonde, une détestation de la société à un point comparable à celle des suprémacistes blancs, ainsi qu’une admiration affirmée (dans le secret de leurs journaux intimes) pour l’idéologie Nazie et pour les armes de toutes sortes.

     

    Mais ce n’est pas tout : Harris et Klebold se sentaient « persécutés » au lycée, parce qu’ils n’étaient ni sportifs (le sport tient une grande place dans les écoles Américaines), ni attirés par les jeunes filles, encore moins membres d’un club ou d’une association au lycée. Pour ma part, et après avoir réfléchi sur ce qu’il s’est passé (et leurs motivations), il me semble clair que leur action, aussi abominable puisse-t-elle être, était une sorte de « revanche des losers ». Un protagoniste du film documentaire « Bowling for Columbine » le résume assez bien, par la phrase suivante, serinée par certains profs : « Si tu as des mauvaises notes en 6ème, tu en auras aussi en 5ème, puis en 4ème, puis en 3ème, et tu rateras tes examens. Alors, tu seras considéré par les autres comme un bon à rien, et tu mourras seul, pauvre et malheureux. Alors que les meilleurs élèves deviennent agents d’assurances. » La norme, toujours la norme, encore la norme. Maintenant, ça paraît clair.

     

    On peut aussi, évidemment, pointer le fait qu’aux USA, obtenir une arme à feu est plus que facile, en vertu du second amendement de la Constitution des USA, qui « garantit à tout citoyen américain le droit de porter des armes ». A l’instar des USA, beaucoup de pays dans le monde ont une histoire violente, bien souvent depuis les origines de leur création. Mais, allez donc savoir pourquoi, on dénombrait près de 500 fois plus de meurtres par arme à feu aux USA qu’au Japon… en 1998. Alors que, jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les soldats Japonais étaient tout sauf des enfants de chœur !

     

    Nous autres Français, avons aussi une histoire troublée par le fracas des épées, le tonnerre des canons et autres engins de mort. Cela dit, la même année, il y avait moins de 400 meurtres par arme à feu chez nous… Et plus de 11.000 aux USA !

     

    La culture (cinématographique, littéraire, musicale) n’y est pour rien, ou pas grand-chose en tout cas. L’industrie cinématographique Japonaise a bien fourni beaucoup de films d’horreur (bien souvent « horreur WTF », vu le niveau des navets), la France est un des principaux marchands d’armes dans le Monde (ce qui ne l’empêche pas d’être membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, enfin passons), les Canadiens ont eux aussi produit des films d’action violents, les adolescents Allemands adorent jouer à des jeux vidéos (depuis Wolfenstein 3D et Doom, jusqu’aux plus récents)… Alors, où est le problème ?

     

    Dans le très intéressant film-enquête de Michael MOORE « Bowling for Columbine », on voit les multiples différences entre la société Canadienne et la société Américaine. Déjà, sur les chaînes de télévision Canadiennes, il n’y a pas d’édition spéciale pour prévenir les ruraux des dangers des « abeilles tueuses » (ou « abeilles africanisées »). Ça n’a d’ailleurs jamais représenté un grand danger en Amérique du Nord. Pas non plus d’appels à la psychose sur les dangers potentiels des escalators qui tournent dans chaque galerie commerciale qui se respecte. Encore moins de « reality show » mettant en scène les forces de police, procédant à l’arrestation de suspects… inévitablement Noirs Américains, inutile de le cacher. En fait, la différence est majeure : là où les États-Unis vivent constamment dans la peur (par le biais des médias aux mains des magnats les plus fortunés…), les Canadiens, eux, préfèrent profiter pleinement de la vie, et, dans les différends diplomatiques, agissent toujours par la négociation, le dialogue, pour tenter d’apaiser le problème… Là où les Américains réduisaient en cendres une province des Balkans, littéralement, en direct à la télé. Ne vous posez plus la question, chers amis… Vous avez la réponse.

     

    Maintenant, que dire ? Une peur, et deux certitudes. La peur que la société Française en arrive à un tel degré d’américanisation par le culte de la « peur de tout », entraîné évidemment par les médias et les interminables « éditions spéciales » à chaque colis suspect. La certitude que, dans un pays ayant une législation beaucoup plus restrictive sur les armes à feu, et avec des contrôles renforcés sur la voie publique, rien de semblable à la tuerie de Columbine ne se produira en France (même contexte, même personnalité d’un éventuel assaillant.) La seconde certitude que cela continuera aux USA, indéfiniment, et que se développe le « culte de la revanche des losers », comme je l’ai dit dans ce texte.

     

    Soyons clairs : je n’ai jamais fait l’apologie de tels actes. Je ne le ferai jamais, ce n’est pas dans mon intérêt, surtout en cette sombre période où l’Internet est plus surveillé que jamais. Cela dit, je me pose des questions sur des sujets de société, parfois des questions qui dérangent, qui titillent celles et ceux qui voudraient les garder secrètes… Sans pour autant, verser, comme tant d’autres autoproclamés « moutons lucides », dans le complotisme ou le conspirationnisme. Lesquels, et je le vois assez sur le Net, sont autant de portes d’entrée pour une future adhésion à un groupuscule ouvertement haineux.

     

    Bon week-end à vous toutes et tous, chers lecteurs et amis.

     

    - Troll

    « Je suis païen et je le reste.Abus d’humanisme et de gentillesse ? - A l’adresse des vampires psychiques et autres emmerdeurs patentés. »
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