• Fierté d'être Français ? Aucune. Étranger dans mon propre pays.

    Bonsoir, chers lecteurs et amis.

     

    Ce soir, j’aimerai vous parler de choses plus joyeuses, d’un idéal de vie, de convictions (culturelles ou autres) pour lesquelles lutter, de projets en tous genres, ou pourquoi pas de voyages au long cours, aux commandes d’une vénérable Volvo 740 break, en camping (sauvage ou non, selon le pays). Mais ce n’est pas le cas. Je me suis trompé une fois de région avec la Creuse, et le Limousin en général, mais je ne me suis pas trompé sur la Bretagne. Si les Dieux le veulent, c’est ici que je terminerai mon existence terrestre. La Bretagne en général n’est pas le problème. J’ai rencontré des gens adorables ici, cultivés, passionnés de choses ou d’autres, pour l’instant je n’ai qu’une poignée de vrais amis dans les environs. Le problème est tout autre. Un dicton dit « Dieu a inventé l’alcool pour que les Bretons ne soient jamais les maîtres du monde ». Ça n’est pas valable pour TOUS les Bretons, bien évidemment. Seulement pour quelques-uns qui croient dur comme fer que leurs plaisanteries d’alcooliques invétérés, leur dégaine de clodos et leur haleine fétide vont permettre de faire le « tri » entre les « vrais Bretons » et les « étrangers ». Sans compter leur agenouillement total et irrépressible devant « la future présidente » et ses serviteurs.

     

    Drôle d’histoire que celle qui m’est arrivée cet après midi. Je me baladais, non loin de chez moi, histoire de m’aérer un peu, peut être de trouver un mégalithe en plein milieu de nulle part, et éventuellement de prendre un café. Je n’ai toujours pas le droit de boire de l’alcool… et je crois que c’est pas plus mal, pour ne pas retomber dans un établissement psychiatrique où le patient qui formule la demande de ne plus être provoqué ou menacé de mort par un débile profond est immédiatement placé à l’isolement… en lieu et place de celui qui est réellement dangereux. Un asile insalubre en Corée du Nord ? Non non, en France. Liberté Égalité Fraternité, sauf pour les malades psychiques. Revenons-en au troupeau bêlant, je trouve un café-tabac dans un petit village des environs, un commerce comme il en existe tant en France. Une discussion furtive s’engage avec une dame plutôt sympa, qui pense que je suis nouveau dans le coin. C’est exact. Je dis que je suis originaire de Grenoble. Bon. Un alcoolique cradingue comme ceux mentionnés précédemment s’incruste et dit « Tu n’es pas un vrai Breton ». Je réponds « Oui, mais je suis Français, je vais où je veux en France, et à l’étranger aussi, aucune restriction de mouvement. » « Ah, sur ma carte d’identité, y’a marqué Breton ». Là, j’ai les abeilles qui montent, je lui dis « Tu sais, espèce de déchet, j’ai séjourné pendant plus de deux ans dans la Creuse. Là-bas, on me faisait clairement comprendre que j’étais étranger dans mon propre pays. Je ne tiens pas à revivre ça en Bretagne. Je suis Français, et ? Tu vas m’interdire de vivre ? » J’ai ensuite pris toute l’assemblée à témoin et j’ai dit à haute voix : « Dans la Creuse, on m’a reproché d’être étranger. Dans une région de mon propre pays. Je ne tiens pas à revivre ça ici. Fût-ce de la bouche d’un reliquat d’humanité. Dans les bistrots des Alpes, un dicton gravé sur du bois dit qu’il vaut mieux être bourré que con, ça dure moins longtemps ; malheureusement pour lui, ce débile a choisi les deux options. Je ne reviendrai jamais dans votre bistrot ».

     

    Dans un pays où 50 milliards de cadeaux fiscaux sont accordés aux grands patrons et aux actionnaires du CAC40 sans créer un seul emploi, mais en licenciant à tour de bras (bien que les mecs et filles dans ma situation soient considérés par certains comme « parasites »), dans un pays où le système de santé est chaque semaine un peu plus démantelé, dans un pays qui laisse sa jeunesse se vautrer devant la lanterne à conneries, dans un pays où celui ou celle qui porte un pendentif pagan ou ésotérique est qualifié de « malfaisant » au mieux, de « sataniste » ou de « nazi » au pire, dans un pays dont la considération envers l’autre est entièrement basée sur l’apparence, la possession matérielle, et la reproduction à la chaîne d’une fange inculte qui donne des prénoms complètement débiles à ses gluants, dans un pays qui oublie un peu trop vite son histoire et les massacres de deux guerres mondiales en laissant faire des « quenelles » à Oradour sur Glane, dans un pays où les « dissidents » (pardon, les gens qui pensent et qui créent différemment comme Damien SAEZ, entre autres) sont cloués sur place, en direct, par les écrivains de romans de gare (gare terminus…), dans un pays qui laisse croître le harcèlement scolaire dès le plus jeune âge au motif de « liberté d’expression audiovisuelle » invoquée par un cocaïnomane se plaignant de ne gagner « que » 25,000 € par mois… Dans ce genre de pays, il n’y a aucune fierté, aucun honneur, aucune justification à être Français. Car c’est bien de notre pays dont je parle. Enfin, ce qu’il en reste… Pourquoi donc croyez-vous que le sacrifice des Harkis n’a été reconnu que 40 ans après une des guerres les plus ignobles en termes d’exactions commises ? Pourquoi donc croyez-vous que la réalité de la déportation des homosexuels et de leur extermination par les nazis n’a été reconnue que 60 ans après la fin de cette autre guerre ? Pourquoi donc être fier d’un pays totalement anesthésié, ou pire, lobotomisé, aux références culturelles séculaires sacrifiées sur l’autel du « buzz » et de la « société Twitter » ? Pourquoi se revendiquer comme appartenant à cette horde de pieuvres écervelées ?

     

    Je n’ai plus aucune fierté à être Français dans ce cas-là. Regardez donc en Norvège, ou en Suède, ou au Danemark. La majorité des habitants de ces trois pays ont pour habitude d’arborer leur drapeau national à leur fenêtre, sans être qualifiés de « fachos ». Pour eux, c’est un geste tout à fait normal. Les sportifs des équipes nationales de ces pays chantent à pleine et haute voix leur hymne national respectif, avant une rencontre sportive. Allez donc voir une vidéo présentant l’équipe féminine Norvégienne de hand-ball avant une demi-finale ! Toutes les joueuses, leur coach, les supporters Norvégiens, chantent à tue-tête. Et, vous voulez que je vous dise ? Plus le temps passe, plus je pense que j’aurai du naître Scandinave. Eux au moins, ne laissent tomber personne dans leur société. 90 % des handicapés Norvégiens travaillent, chez eux ou en entreprise. Et en France ? Le gouvernement Suédois est réduit au plus indispensable, ainsi que leurs frais de déplacement… saviez-vous qu’ils n’ont que 12 € pour manger à midi ? Saviez-vous que les ministres et leurs personnels viennent à leur ministère… par leurs propres moyens ? Pas de voiture de fonction avec trois chauffeurs en alternance. Bizarre, au pays de Volvo ? Non, logique, pour eux. Eux en tout cas s’étranglent quand ils apprennent les notes de frais de nos chers élus au Fouquet’s ou ailleurs. Sans compter les truanderies de ces dernières décennies… quand bien même cela aurait « poussé au suicide par trois balles dans le dos » un homme politique voulant dénoncer tout ça. Les ministres voyagent en classe économique pour les vols de moins de 4 heures. Pas de jet privé pour faire 450 kilomètres et se retrouver dans son fief… Contrairement à d’autres ! Les Suédois, les Norvégiens, les Danois font des efforts qui nous semblent inatteignables, rien qu’en termes de tri des déchets ménagers ; et eux connaissent encore le principe de consigne des bouteilles en verre et en plastique.

     

    Au sortir de la seconde Guerre Mondiale, la Norvège comme la Suède avaient plus d’un siècle de retard sur les pays « industrialisés ». Mais la Suède a du minerai de fer… la Finlande a vu naître Linux par un de ses informaticiens, et la Norvège a du pétrole et du gaz. En moins de 60 ans, ils sont devenus les pays les plus riches au monde, ceux avec les meilleurs résultats en termes d’éducation, d’assurance de trouver un travail, de système de santé, de réseaux de transports (les trains Norvégiens, Finlandais et Suédois roulent, même au lendemain d’un mètre de neige sur les voies ! Allez inviter un Norvégien à rallier Decazeville depuis Strasbourg… en train, il va péter un câble avant d’arriver à Nancy !) En Islande, encore mieux : il n’y a presque pas de police ! Les policiers locaux sont bien peu nombreux pour la superficie de l’île, et doivent demander l’autorisation à leur commissaire en chef avant de pouvoir ouvrir la trappe verrouillée contenant leur arme de service (!) La Scandinavie a les meilleurs résultats du monde en termes de justice, de traitement des détenus, et pour leur réinsertion, également. La récidive est pour ainsi dire nulle. Sans compter sur la Finlande : le pays d’origine du Père Noël a réussi, tenez-vous bien, à réhabiliter et à guérir réellement la quasi-totalité des schizophrènes, grâce à une thérapie de groupe, grâce à un suivi intensif, grâce à la compréhension par des psychiatres qui ne se limitent pas à un entretien de 2 minutes 45 secondes et à rédiger une ordonnance ! Eh oui. Ils l’ont fait. Et nous en sommes loin...

     

    Ça, ce sont des raisons d’être fier de son pays , et de savoir pourquoi on paye des impôts ! La télé nous en montre-t-elle des exemples, chez nous ? Nej. La télé diffuse des concerts de Metal après les infos du soir ? Nej. La construction d’un aéroport totalement inutile est-elle débattue autrement qu’entre le gouvernement et ses amis (leaders du BTP et marchands de pétrole…) ? Nej. Les transports sont-ils organisés pour que l’on puisse déposer son vélo dans un casier avant de prendre le train… et d’être sûr de retrouver son biclou au retour ? Nej ! Alors oui, les Scandinaves paient des impôts sur le revenu qui nous paraissent exorbitants. Mais au moins, eux s’en servent pour permettre une qualité de vie excellente à tous leurs citoyens ! Les Scandinaves ont aussi participé à l’apparition du Metal extrême, que ce soit Black, Death, Pagan, on leur doit ça, en plus des contes classiques comportant des bestioles bizarres et d’anciennes légendes…L’Islande a été le premier pays à reconnaître l’Asatrù en tant que religion d’État. Les sandwichs au renne, le hareng à la sauce à l’aneth, c’est pas mal aussi. Et, tant que j’y suis… Les Norvégiens ont du pétrole, du gaz et une monnaie très stable, recherchée par tous ceux qui veulent autre chose que de l’Euro ou du Dollar.

     

    Pour finir ce texte sortant de mon esprit saturé par les brumes de caféine, je dirais que, lorsque la France aura atteint le niveau de qualité de vie, de services, de systèmes de santé et protection sociale de ses voisins Scandinaves, en permettant à toutes et tous de travailler, et j’insiste là dessus, sans pulvérisation du code du travail et des acquis sociaux datant de nos Anciens, on pourra être fier d’être Français. Pour moi… je ne le serai sans doute jamais plus. Pas tant que le système actuel foutra des plus jeunes que moi à la rue, ou les condamnera à la mort par overdose, ou à finir en prison. La liberté culturelle, la liberté du choix de mode de vie, la liberté de penser par soi-même sont des thèmes récurrents chez les anarchistes. Et, au-delà de ça, j’ai un point commun avec eux. Je ne suis plus fier d’être Français. Vu les comportements dégradants que j’ai vécu depuis quelques années, je dirais dorénavant que je suis citoyen du monde. Je ne sais même pas, pour l’heure, si je vais participer à la grand-messe visant, après tout, à remplacer un incompétent par un autre, ou par un ultra-libéral, ou par une fasciste. Peut être voterais-je Méluche ou NPA au premier tour, et un simple bout de papier torche-cul marqué de la sentence lapidaire « Viendez au Groland, mort aux cons, mort aux fafs. »

     

    Bonne fin de semaine, chers lecteurs et amis, dans ce qu’il reste de la France, autrefois « modèle de liberté et de diplomatie ». Ça fait longtemps que ce n’est plus le cas… Vive la liberté. Mort aux cons. Vivent nos cultures « marginales ». Si quelqu’un vous fait chier sur ces points précis, balancez-lui mon texte à la gueule, vous verrez, ça fait un bien fou de se sentir intelligent et plus cultivé que ceux qui se poivrent la gueule au bistro soir et matin.

     

    - Krähvenn "Trollsson" Vargbroder

    « Au nom des nôtres... Et de tous ceux qui viendront après nous.Politique, médias, puis dégoût, solitude, et individualisme comme règles de survie. »
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