• Je me souviens

    Je me souviens de ces temps, où je vivais au jour le jour... Quand rien n'avait tant d'importance pour moi que de boire des bières, écouter du black métal, me morfondre en pensant foutre le camp au diable vauvert, entretenir un vieux camping-car et fréquenter un sataniste convaincu...

     

    Je me souviens parfois des textes tous plus invraisemblables les uns que les autres, qui sortaient de mon esprit comme l'eau d'un robinet, textes que je publiais sur un blog (qui aujourd'hui n'existe plus), et qui avaient pour thèmes la tradition, les poseurs, l'extrême-gauche, le black métal et une certaine idée de la résistance... J'avais fait notamment allusion à l'affaire de Tarnac, je prenais position pour la libération de Julien Coupat et ses camarades, que je croyais totalement innocents, et victimes d'une machination politique...

     

    Je me souviens de m'être fâché avec un de mes meilleurs amis, pour les raisons précédentes, parce qu'il sentait que mon comportement changeait, alors que je ne voyais rien d'anormal dans ma conduite...

     

    Je me souviens des dernières sorties en ville, en compagnie du sataniste cité plus haut. Sorties de débauche, arrosées de bière, et toujours source de regards bovins parmi les passants...

     

    Je me souviens de tout cela, et de plus encore... Notamment, quelques jours avant le déclenchement de ma maladie, d'une sortie en montagne avec Skog (que vous apprendrez à connaître sur le blog Chemin de Haine), au cours de laquelle je m'étais recueilli au pied d'un monument dédié aux martyrs de la résistance dans le Vercors...

     

    Je me souviens aussi d'avoir « pété les plombs », imaginant que les gendarmes allaient débarquer à la maison pour m'arrêter, que le PSIG m'espionnait et était sur le point de me conduire, dans un 4x4 aux vitres fumées, directement pour le 36 Quai des Orfèvres à Paris... Et que dire de ces aimables représentants de la communauté des gens du voyage qui ne tarissaient pas en description de faits divers que j'aurais soi disant commis... Il m'arrive de les entendre encore, dans un recoin de mon esprit, parler de profanations de tombes, terrorisme, profanations d'églises et de monuments religieux, trafic de déchets radioactifs, naturisme extrême, viol, pédophilie, meurtre (j'en oublie...)

     

    Je me souviens qu'à cause des hallucinations et du syndrome de persécution dont je souffrais, une vie normale était devenue quasiment impossible à mener... Ca veut dire : plus de sorties, plus d'amis, ne plus pouvoir conduire, et encore moins travailler...

     

    Je me souviens avoir demandé, de ma propre volonté, à être hospitalisé en clinique psychiatrique, ce qui fut fait dans les 3 jours suivant ma demande. Là bas, je pouvais parler à un psychiatre tous les jours, les infirmières parlaient avec moi, j'étais bien soigné, je discutais avec les autres patients... J'ai dû tout reprendre à zéro. Ou presque...

     

    Dans mon esprit, ma bonne conscience me dit et me répète que je n'ai jamais commis d'actes infamants, tels que décrits plus haut. Mon psychiatre aussi me le répète. J'ai eu du mal, mais maintenant, je le sais, je n'ai rien fait de mal. Hormis certaines fréquentations, dont j'ai appris aujourd'hui à me passer, car elles ne m'amenaient que des ennuis.

     

    Pourquoi ce texte ? Parce que ca fait deux ans aujourd'hui que j'ai été hospitalisé. Avec le temps, on finit par tourner la page, bien que les blessures de l'âme soient éternelles.

     

    Tout est dit... Je vous souhaite une bonne soirée.

     

    Troll

     

     

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