• La tribune libre de Jay le Gnome

     Mes chers Amis,

     

     Si je prends le clavier aujourd'hui, c'est pour vous faire part de ma vision des choses face à la situation actuelle de notre monde.

     

     En effet depuis quelques temps (et ne voyez là aucune allusion politique...), j'ai l'impression que plus rien ne tourne rond ici bas, tout devient compliqué et la haine est à chaque coin de rue.

     

     J'en veux pour exemple les médias qui nous abreuvent de meurtres et autres barbaries à longueurs de JT (que j'évite de + en +... mais il faut bien se tenir au courant de l'actualité malgré tout), de racisme en hausse effroyable dans ce pays (combien de ces racistes seraient capables de faire ne serait ce qu'un quart du parcours d'un immigré clandestin ? Bien peu je pense...) et, dernière mode, d'homophobie...

     

     Face à tout cela, je ressens un sentiment de dégoût (rassurez vous je n'ai aucune idée sombre envers les autres ou moi même... juste un grand ras le bol) et d'injustice de plus en plus grands.

     

     Pour que vous compreniez bien je vous expose mon parcours personnel et professionnel.

     

     Je suis donc un jeune (comme disent les vieux...) de 25 ans, je vis dans une petite ville de la Nièvre (département un petit peu isolé en Bourgogne). Fils de chauffeur routier et d'assistante maternelle, une enfance sans accrocs dans l'ensemble, une scolarité qui a été de moyenne en 6eme à vraiment mauvaise en 3eme, échec au brevet comme vous vous en doutez, bref un parcours comme on est nombreux à en avoir eu...

     

     Suite aux décisions d'orientation, j'ai été dirigé à 14 ans et demi en BEP Conduite et Service dans le Transport Routier. Arriver à 14 ans et demi au milieu d'autres jeunes de 16 à 20 ans et en internat... je vous laisse imaginer ce que j'ai parfois pu endurer (moquerie, petit bizutage, harcèlement moral...) si bien qu'en deuxième année, j'étais très souvent «malade».

     

     Malgré cela, j'obtiens mes BEP et CAP à 16 ans et demi, ce qui m'a donc fait attendre 1 an et demi avant l'autorisation de travailler. Ce temps aura été consacré à de très nombreux voyages à vélo autour de chez moi et à rêver de voyages vers la Turquie au volant d'un Mercedes SK 1950.

     

     Durant cette période j'ai aussi fait la connaissance de Sanaa, une jeune Marocaine avec qui je correspondais via MSN et téléphone (aaah les cartes spécial Maroc de France Télécom...) Naïf que j'étais, je suis tombé amoureux d'elle... et ne l'aurais jamais vue suite à l'annonce de son « mariage » après 2 ans d'échanges quotidiens, on ne m'y reprendra plus....

     

     Puis mes 18 ans sont arrivés, mon cher père a eu l'idée de me prendre un rendez vous dans une société de transport de la région et je suis engagé après un entretien. Très bien me direz vous… oui sauf que je n'avais aucune envie de travailler pour eux, résultat des courses je fais 15 jours et suis dégoûté du monde du transport (j'en ferai presque une crise de nerf en rentrant du boulot à la fin...) S'en est suivi une remise à niveau en Anglais à Pôle Emploi (un passe temps dirons nous...) et une documentation sur les voyages à vélo au long cours qui me passionnaient de plus en plus.

     

     En 2007, je deviens livreur de journaux pendant 5 mois, travail très tranquille et matinal comme je l'aime, seul inconvénient... la paie: environ 200€ par mois, en sachant que j'en dépensais 80 dans l'essence... Durant ce job, j'aurai vu un jeune drogué en manque qui errait dans les rues, parfois au milieu de la route, que j'ai signalé aux autorités qui m'ont répondues: on sait mais on n'y peut rien... un aperçu de la réalité de la misère sociale... Où est ce jeune aujourd'hui ? Dieu seul le sait...

     

     En 2008, je me suis un peu motivé et j'ai décidé de reprendre le volant d'un camion, d'abord en remplacement d'une semaine pour un patron de PME proche de mon domicile.

     

     Départ difficile en ce lundi 4 mars après avoir appris le décès d'un ex camarade d'école, mais bon il faut y aller.

     

     Premier jour désastreux... je me perds, je perds du temps, je ne peux compter sur le patron et ses indications bidons... bref je finis la soirée en pleurs dans ma cabine...

     

     Deuxième jour, un peu meilleur même si le patron m'incendie car j'ai eu l'idée saugrenue de prendre une douche après mes 7h de coupure... ce qui me fait arriver à 09h20 pour un rendez vous à 09h, enfin une fois à l'usine on m'informe que je suis prévu pour 13h... coup de fil au boss qui se fait tout penaud.

     

     Le reste de la semaine a été plus soft, excepté le dernier jour où ce fameux boss me dit : ah ben on voit que tu es débutant... En même temps je ne l'ai jamais caché...

     

     Ma deuxième mission en camion en cette année 2008 a été une saison de moisson en intérim. Je suis passé par tous les sentiments durant cette période, l'impression d'être pris pour un con, de bons moments de solitude seul dans le camion (le bonheur), le sentiment de ne jamais être écouté... bref très mitigé mais ça m'a permis de faire de l'argent.

     

     Après cela, je me suis lancé dans la préparation d'un voyage à vélo au long cours qui devait me conduire au minimum au Moyen Orient. Les entraînements étaient quotidiens et le reste du temps était consacré à la recherche d'infos sur le matériel et les destinations sur le net. Début 2009, je prends le départ... et suis contraint d'abandonner après 2 jours de route... le cœur n'y était pas vraiment, au sens propre comme au figuré... Revente du matériel et recherche d'emploi.

     

     En Avril je trouve ce qui sera ma dernière expérience dans le transport routier. Il s'agissait d'une entreprise à 120 km de chez moi, spécialisée dans le transport de céréales. Logement mis à disposition, bon camion et signature du contrat au champagne, génial, je rentrais enfin dans la vie, la vraie, après tous ces déboires... Seulement après 1 mois, étant incapable de rouler à 90 sur des routes limitées à 60 et autres joyeusetés du genre, je suis contraint à la démission.

     

     A partir de ce moment, ma vie a commencé à vraiment changer. En Juillet 2009, je décide donc de me prendre un visa Working Holiday pour l'Australie et de tenter l'aventure au pays des kangourous. Entre temps mon grand père était tombé malade, mais bon, j'avais bon espoir de le revoir après mon année de voyage. Je pars donc le 06 Septembre 2009 à 12h30 de Roissy Charles de Gaulle direction Adelaïde via Singapour (où je me ferai arnaquer par un taxi d'ailleurs...) Sur place, je rencontre Annie, une Parisienne qui est là en Working Holiday aussi, elle m'aura beaucoup aidé avec mon anglais de niveau BEP...

     

     Après 2 semaines de volontariat dans une ferme perdue au sud de l'Australie, nous décidons de partir vers Melbourne. Au bout de 3 jours, je panique (il faut bien l'avouer...) et je rentre à la ferme où j'étais précédemment. Un soir ma mère m'informe au téléphone que si je veux revoir mon grand père en vie... il faut que je fasse vite, c'est ainsi que je suis rentré après un mois de voyage, mais c'était bon, j'avais pris goût au voyage, malgré la situation.

     

     Pour finir cette année 2009, je décroche un emploi de cantonnier dans le petit village de Colméry, une belle aventure d'un an, qui m'a permis d’enchaîner sur un emploi de responsable d'agence postale en 2011.

     

     2011, quelle année...

     

     En Janvier-Février, je retourne en Australie durant un mois et enchaîne Adélaïde, volontariat à la ferme de mon précédent voyage, Melbourne et Sydney avant de revenir et d'emménager à Colméry, mon premier logement à moi, vous n'imaginez pas le bonheur !

     

     Les mois passent et la routine s'installe, jusqu'en Août où durant une semaine de vacance, je reçois une fille avec qui je correspondais via internet. Cette charmante Japonaise m'a donné les plus belles nuits d'amours possibles... son départ fut difficile mais la routine était bien brisée !

     

     En septembre, je décide de faire une BA et j'adopte ma machine à câlin, j'ai nommé Maya, ma chienne Bull Terrier. C'était partis pour de longues balades en forets et autres soirées télés avec elle. Puis arriva cette demande Couchsurfing... on pourra dire qu'elle a changé ma vie.

     

     En ce 28 Septembre 2011 (jour de mon anniversaire), j'hébergeais celle qui allait devenir ma meilleure amie. De deux nuits d'hébergement, nous sommes devenus quasi colocs après mon retour sur Clamecy, nous passions l'essentiel de notre temps ensemble. Nos aventures nous aurons menées des vignobles Sancerrois aux plages de Barcelone... J'ai tenté à plusieurs reprises de changer cette amitié en une relation plus proches dirons nous, Dieu merci pour notre amitié, ma très chère Emma m'a toujours recadré gentiment.

     

     Nous voilà donc en 2012, grande année riche en émotions... Tout d'abord, il y eut mon déménagement de Colméry à Clamecy comme je l'ai expliqué précédemment qui m'a permis de vivre au quotidien avec ma meilleure Amie, découvrir de nouveaux plats, passer de supers moments à visiter la région etc. Et arriva l'inévitable départ, et les inévitables larmes qui mirent fin à 9 mois de bonheur absolu. Mais bon rendez vous est pris en Août à San Francisco.

     

     En attendant mon périple Américain, je décide de m'inscrire en intérim à l'usine de pain de mie de Clamecy. Suite à la visite des lieux et aux appels totalement aberrants (appel à 06h pour 06h30, à 13h pour 13h30...), je n'aurais jamais mis les pieds dans leur usine à esclaves... Respect total à ceux qui y bossent à plein temps.

     

     En août, libération pour deux semaines, je confie ma Toutou d'amour à ma mère et direction San Francisco via Helsinki et New York. Que ce fut bon de revoir Emma et de repartager ces moments de complicité.

     

     Au programme: Plage, visite de San Francisco et parc de Yosemite entre autre.

     

     Toutes les bonnes choses ayant une fin, après 2 semaines retour au pays des Grognons (non sans avoir pleuré toutes les larmes de mon corps à JFK...).

     

     En septembre je me lance dans l'aventure du DAEU Littéraire par correspondance... je n'aurai pas su m'y tenir, mes seuls bons résultats étaient en Anglais, j'ai lâché l'affaire en début 2013.

     

     2013, l'année du changement et de la prise de conscience.

     

     En Janvier, ma petite Maya d'Amour nous a quittés, ce fut un énorme choc pour moi... Mais d'un autre coté, me voilà libéré de toutes obligations (attention, ne vous méprenez pas... Maya n'a jamais été une contrainte pour moi, bien au contraire), il est donc temps de repartir en voyage, après quelques hésitations, me voilà dans l'avion avec mon cousin en Juillet direction le Danemark pour la cueillette des fraises.

     

     Arrivée à Copenhague avec le cousin à moitié sourd depuis l'atterrissage, nous remettons nos plans de camping sauvage au lendemain et prenons une auberge, premier constat, il faut vite partir de cette ville magnifique mais hors de prix.

     

    Le lendemain nous voilà en route pour Roskilde, en train puis à pieds. Nous faisons les courses et c'est parti pour la campagne, 20km à pieds avec 17kg de bagages sur le dos... mes pieds en ont souffert jusqu'à 2 mois après le retour. Nous avons trouvé un bon spot camping mais à partir de ce moment les galères commencèrent : pour commencer, j'ai oublié les couverts en France... obligé de manger des pâtes bolognaise à la main dans la gamelle..., puis réchaud qui peine à faire chauffer l'eau et pour finir panique nocturne suite à une visite de notre campement par quelque chose dont nous ne savons toujours rien...

     

     Malgré tout cela, nous nous mettons en route pour l'île de Samsoe où nous sommes attendus pour la cueillette. Sur place nous déchantons très vite, campement moyen, attente de 3 jours avant d'avoir un boulot et énorme concurrence de main d’œuvre Roumaine (bien plus entraînée que nous, je ne leur en veux absolument pas...), bref après une semaine à gagner 50€ nous rentrons... Nous aurons fait connaissance de personnes très intéressantes dont 3 jeunes Portugais hyper sympas et un couple de Hongrois avec qui j'ai pu passer de bons moments afin de lutter contre la solitude du campement. Je n'oublie pas non plus les Roumains qui m'ont nourris un soir alors que nous étions très juste niveau argent et provisions...

     

     Avant ce périple Danois, j'avais décidé de prendre un Working Holiday Visa en Nouvelle Zélande afin de me rapprocher d'Emma, c'est ainsi qu'en Août je quittais la France pour Hong Kong et l'Australie puis la Nouvelle Zélande.

     

     Retrouvailles forcément émouvantes après 1 an sans voir ma coloc préférée et 3 semaines de bonheur avec elle et ses amis (randonnées, visites en tout genre, mon anniversaire...). Début Octobre, j'ai du quitter ce bonheur parfait pour Auckland en Nouvelle Zélande. Commença donc une galère financière que j'ai bien cherché.... partir de France avec 300€ fut ridicule... mais je voulais revoir ma meilleure Amie et partir de Clamecy. Heureusement Denise, la mère d'Emma, me dépanne et je reste 2 semaines... eh oui malgré son aide mon compte Français est dans le rouge, c'est alors que j'ai fais la chose qui me rend fou de honte encore maintenant...

     

     J'ai décidé de changer mon billet d'avion de rentrer, mais si j'annonçais cela de cette manière à Emma, il était sur qu'elle ferait tout pour m'empêcher de partir, je lui ai donc menti en lui disant que je m'étais brisé la cheville et que j'étais rapatrié...

     

     Jamais je ne digérerai ce mensonge...

     

     A mon retour, ce fut difficile, ma mère venant de perdre son emploi, la situation financière familiale était loin d'être au top et je me sentais coupable d'être là sans rien faire...

     

     J’enchaîne donc les CV et lettres de motivation afin de trouver un job au plus vite, aucune réponse... jusqu'à celle d'un poste à l'étranger auquel j'ai postulé 2 semaines auparavant, je suis convoqué pour un entretien à Paris. Tout se passe bien, j'ai tout ce qu'ils recherchent, un bon niveau d'anglais (ils étaient surpris de savoir que je l'ai appris quasi par moi même) et le permis C... 2 semaines plus tard c'était officiel, je suis engagé pour un an.

     

     Nous voilà donc à aujourd'hui, ce 03 Décembre 2013...

     

     Vous allez me dire mais quel rapport avec le fait que je sois dégoûte du monde actuel vu que j'ai fais ma bio..., j'y viens... Ce monde me dégoûte surtout par le fait qu'ont les gens de juger les autres sur leur apparences, leur cv, bref sur tout sauf la vraie connaissance de la personne... Je me suis vu être refusé à certains emplois par manque de compétences... pourtant je pense avoir un bon parcours dans la vie...

     

     Durant un temps, je voulais absolument une voiture de sport (Mitsu Lancer bien gonflée...), un beau pavillon et un job à 3000€ par mois et bien entendu femme et enfants...

     

     Aujourd'hui je me rends compte que je veux juste que l'on me foute la paix et je veux vivre simplement. Plusieurs idées me viennent donc pour mon retour en 2014 (en concertation avec mon Ami Troll et ma ptite Emi deux amis connus sur internet qui partagent bien ma vision des choses) :

     

     Soit je redeviens cantonnier dans un petit village (j'ai adoré ce boulot), je roulerai en Mercedes 240 TD et j'aurai une simple maison avec jardin et poules ;

     

     Ou je me lance dans l'élevage de chèvres/reprise d'épicerie de village avec Emilie ;

     

     Ou encore je pense à une vie itinérante en fourgon à faire des travaux saisonniers (toujours avec la Miss Emi si elle est toujours d'accord d'ici là !) et en ayant pour « port d'attache » la maison de l'Ami Troll.

     

     Bref vous l'aurez compris, plus simple ce sera, mieux ce sera, et je dois vous avouer que pour le moment la dernière solution est celle qui me tente le plus.

     

    Après avoir vu ma mère et tant d'autres gens galérer financièrement et craindre la coupure d'eau, d'électricité, l'impossibilité de payer les courses... je suis dégoûté de ce système et je veux donc vivre en marge de celui ci.

     

     Merci de m'avoir lu les Amis.

     

     A bientôt ;)

     

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    Note : Quel parcours mon vieux ! Que des aventures, des voyages, la route sans fin, d'un avion à un autre... Cela ne peut que te forger un caractère en béton armé ! Et ne t'inquiète pas, notre projet commun va se réaliser, j'y tiens ! Un bien beau texte, plein d'émotions, très vrai, et un regard émouvant sur la vie en général.

     

    Troll

    « Les oeillères monothéistes...Je reste sous les arbres ! »
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