• Pourquoi se voiler la face ? C'était mieux avant...

     

    Bonsoir, chers lecteurs et amis.

     

    Ce soir, pour une fois, un texte nostalgique, dont la trame me pousse à fouiller les recoins de ma mémoire trollesque, et ce en pleine session de clapotage à la caféine sous fond de melodic death Metal. Tout ça pourquoi ? Non pas pour parler comme un « vieux con » (tout au plus comme un jeune con qui vieillit), mais pour vous démontrer par le menu ma nostalgie des années que j'ai vécu il y a deux décennies…

     

    Il y a vingt ans, tout d'abord… Mes camarades de classe et moi (à l'époque, je devais être en CM1 ou CM2) jouions aux billes ou « au gendarme et au voleur », les filles faisaient de la corde à sauter et jouaient à la marelle, comme des générations d'enfants européens l'ont fait avant nous. A l'époque, nous nous contentions de cela, ou alors de s'imaginer qui super-héros, qui médecin des pompiers en hélicoptère, qui MacGyver, qui vétérinaire ou encore conducteur de train. Pour goûter, nous nous accommodions fort bien d'un simple croissant au beurre, d'une pomme, ou d'une barre de céréales au chocolat, somme toute basique, mais un truc qui tient au ventre. Alors que maintenant… Dès l'âge de 9 ans, les enfants actuels veulent tous (ou presque) LEUR smartphone, pour favoriser leur réputation sur le compte Facebook qu'ils ont créé en cachette, regardent la télé-réalité et les chaînes d'info comme leurs parents (peu importe ce qui y est montré), en lieu et place de lire, ou de jouer aux billes ou avec un train miniature. Il leur faut impérativement les dernières céréales à la mode, le dernier biscuit avec un nouveau goût bien chimique, et tant qu'à faire, une boisson « énergisante » à la caféine ou aux couilles de taureau. Ils ne s'imaginent même plus travailler, pour certains : on leur rabâche à longueur de journée que « c'est la crise », qu'il n'y a « pas de travail », alors à quoi bon ? Où est la solution pour cette génération tout entière ? Faire des gosses à 17 ans pour toucher les allocations ? Rêver de gagner un jour à l'Euromillions ? Est-ce cet avenir que nous envisagions à leur âge ? Non, évidemment.

     

    Il y a vingt ans, nous n'avions aucun intérêt à avoir une mauvaise note, un mot dans le carnet, ou encore pire, à insulter l'instituteur : dans ce cas là, non seulement nous avions le droit à sa remontrance personnelle, mais en plus, à une deuxième engueulade en rentrant ! Alors qu'aujourd'hui, les parents mécontents et sûrs de leur force et de leur bon droit de petits contribuables (la première syllabe veut tout dire), n'hésitent aucunement à menacer, voire à agresser physiquement le professeur à la moindre remarque, lorsque leur chérubin tapote sur son téléphone en pleine classe par exemple ! Il y a vingt ans, l'idée de menu « halal » dans les cantines des écoles n'était même pas envisageable, tout au plus proposait-on un menu « sans porc » à base de poisson, de bœuf ou de volaille… De même, à chaque Noël, un sapin décoré était installé dans le hall de l'école, et tout allait très bien, personne ne s'en plaignait. Maintenant, la religion (celle là en particulier, oui) est tellement entrée dans la vie publique (pour une république bâtie sur la laïcité… cherchez l'erreur) que supprimer un menu « halal » dans une cantine, ou laisser en place un sapin, symbole ancestral empreint de paganisme, déclenchent immédiatement un tollé national ! Mais pourquoi, bordel… Pourquoi s'abaisser devant des exigences liées de près ou de loin au fondamentalisme religieux, qui va croissant, alors que les enfants en question pourraient très bien manger de la viande classique (porc exclus) ou du poisson ? Et si les Païens dont je fais partie réclamaient pour leurs enfants des menus Nordiques (poisson et viande séchés, bouillie d'avoine, légumes anciens et cervoise) à la cantine, est-ce qu'on nous laisserait les obtenir ? Bah non, bien sûr... C'est bien pour cela que tous les polythéistes Français laissent leurs enfants aller à la cantine et manger la même chose que les autres, ou au pire, prennent sur leur temps de pause pour rentrer à la maison manger avec eux !

     

    Il y a vingt ans, tant de jeunes, dès l'âge de 16 ans, ne pensaient aucunement à quitter la France pour aller voir si l'herbe était plus verte ailleurs : à l'époque, il y avait encore du travail, même vingt ans après un choc pétrolier qui, par effet d'engrenage, avait entraîné la création de l'ANPE et des ASSEDIC en quelques mois. Mais bon, depuis 2007, la France est sur la pente descendante qui la mène à la déchéance généralisée (et je n'ai pas honte de le dire), et ce n'est pas près de s'améliorer, d'aucune façon que ce soit. Pourquoi croyez-vous que tant de détenteurs des permis poids lourd et super lourd décident d'aller rouler aux USA ou au Canada ? C'est bien parce que la paye, les conditions de travail, la considération qu'a la population pour le transport routier sont meilleures qu'en France ! Pourquoi croyez-vous que l'on manque cruellement de médecins, et de médecins spécialistes (dentistes, ophtalmologues, gastro-entérologues, gynécologues, psychiatres, …), à tel point que nous sommes depuis quelques temps… ni plus ni moins obligés de les importer d'Europe de l'Est ? Mais bien évidemment à cause du « numerus clausus », autrement dit d'une limitation totalement aberrante du nombre de diplômés par promotion… C'est bien pour ça que des départements entiers (suivez mon regard… Oui, la Creuse et la Nièvre en font partie) sont qualifiés de « déserts médicaux » ! Va-t-on attendre de devoir prévoir ses rendez-vous médicaux 36 mois à l'avance pour que les politiques fassent enfin ce qui est nécessaire ? Et, pendant ce temps… D'un côté, des milliers de jeunes sont envoyés de force dans des « classes à chômeurs » (Bac STMG bonjour…) et ne trouveront jamais de boulot, à moins d'embrayer sur un BTS puis une Licence, et d'avoir alors un espoir de ne pas finir caissier à Mac Donald's… Et de l'autre, des milliers de postes de plombiers-chauffagistes, couvreurs, poseurs de menuiseries, plaquistes, boulangers-pâtissiers, bouchers, cuisiniers, personnels d'hôtellerie… sont désespérément à pourvoir !

     

    Il y a vingt ans, nous calculions encore en Francs. Et avec une malheureuse pièce de 10 Francs, on pouvait largement boire un café à deux ! On pouvait téléphoner en local ou régional. On pouvait faire un tour de manège. On pouvait acheter de quoi bouffer (pas beaucoup, mais c'était possible) au supermarché. Etc. Nos parents et nos grands-parents disaient bien « Le jour où l'essence sera à 10 balles le litre, j'arrêterai de rouler ! » Eh bien voilà, il y a quelques mois, c'était le cas ou presque. Nous sommes passés à l'Euro en l'an 2000, et notre vie a été bouleversée du jour au lendemain. Un café coûte maintenant en moyenne 1,30 € (jusqu'à trois fois plus dans les zones touristiques), une baguette coûte le même prix, impossible d'acheter quelque chose d'équilibré à manger pour 1,52 € dans n'importe quel magasin, et pour la même somme… Vous ne pourrez plus autant téléphoner qu'avant. Et voilà. Alors, oui, l'Euro, c'est pratique quand on va ailleurs en Europe (sauf en Angleterre, en Norvège et en Suisse, eux n'ont pas été aussi cons que nous pour accepter ça), mais finalement, ça a surtout permis aux rapaces et autres charognards de faire des profits record en « réadaptant » les prix lors du passage à l'Euro… sans donner au peuple autre chose que les miettes de tout ça, via une minuscule augmentation du SMIC et des minimas sociaux, pour compenser. Ah oui, maintenant on peut le dire, c'était mieux avant.

     

    Il y a vingt ans, on ne nous beurrait pas la raie matin, midi et soir avec l'écologie. Pardon, je me suis trompé : le « développement durable », c'est plus vendeur. Bah non, nos grand-parents consommaient beaucoup moins d'emballages non recyclables que maintenant, avaient systématiquement leur panier en osier, leur caddie en toile ou leur cagette pour les petites courses, n'allaient quasiment jamais à l'hypermarché, redonnaient les bouteilles vides à l'épicier itinérant pour la consigne, n'avaient qu'une seule et unique voiture par foyer (car bien souvent, c'est le pépé qui allait bosser, la mémé s'occupait de la maison et des enfants en attendant qu'ils grandissent, ou encore travaillait à la ferme avec son mari si c'était en pleine cambrousse), n'avaient qu'une télé à trois chaînes et un vieux poste de radio (qu'ils appelaient encore « TSF ») pour écouter le football le samedi, pas de téléphone portable, ni d'ordinateur, encore moins de tablette tactile, prenaient le train pour se déplacer, celui-ci desservait toutes les gares contrairement au TGV actuel (l'avion était pour ainsi dire réservé aux voyageurs d'affaires et aux fortunés)… On peut penser naïvement que, maintenant que nous sommes plus ou moins « éveillés » au calvaire que nous faisons vivre quotidiennement à la planète depuis l'avènement du pétrole, nous polluons moins que nos parents et grand-parents. Ce n'est pas forcément vrai… Je suis convaincu que, si nous en retournions au mode de vie qu'avaient nos grand-parents (les gens nés dans les années 20 et 30), de façon globale, dans le monde entier… nous ferions bien moins de dégâts sur l'environnement, et de ponctions sur les ressources non renouvelables. Alors que maintenant… Notre société est devenue un monde du jetable, de l'obsolescence programmée, de la surconsommation… Je pense que, sans le savoir, nos anciens avaient plus de conscience écologique et simpliste que nous en avons actuellement !

     

    Il y a vingt ans enfin, la télé-réalité n'existait pas. Ce qui peut expliquer pourquoi nos parents et grand-parents ne comprennent plus les jeunes de notre génération qui s'abrutissent devant ça... Pardon, qui s'identifient à leurs idoles. Nuance. Avant, il y avait toujours une émission sympa à regarder, un documentaire passionnant, ou une émission qui mettait en valeur la science (C'est Pas Sorcier), un vrai bon film à l'ancienne... en lieu et place de toute la *** télévisuelle que l'on nous montre chaque minute, entrecoupée de la nécessaire publicité ! Je crois en fait que c'est un plan en plusieurs éléments, la théorie du contrôle total d'une population.

     

    => Lui présenter sa réalité sous forme de reportages défaitistes, alarmistes, ou totalement WTF, en alternance et avec une partialité totale (le 13h de Pernaut en est le plus bel exemple)

     

    => Le saturer de pubs, liées ou non à ce qu'il vient de regarder (si c'était un reportage sur les cambriolages, parler de la téléalarme par exemple)

     

    => Provoquer soit le rêve américain (Les Ch'tis, les Marseillais, les Anges de...), soit le moment de gloire façon "Une de molle" (Secret Story, le Loft), soit le voyeurisme envers la misère sociale (C'est mon choix, Confessions intimes), le tout en exacerbant non seulement la violence des rapports humains, mais aussi la négation de l'intelligence minimale et du sens critique

     

    => Saupoudrer de "culture grand public" (musique de très faible qualité, clips du "flex" à longueur de journée, écrivains de gare de province publiant aux presses du Pilon)

     

    => Provoquer la vindicte populaire sur une personne à faire taire car elle n'est pas "dans la norme" (talk-shows genre ONPC, ONPP et leurs semblables)

     

    => Transposer le café du Commerce à la TV (merci au pied noir cocaïnomane de la 8...)

     

    => Etc.

     

    Maintenant, vous comprendrez aisément pourquoi 60 % des Français interrogés trouvent que la qualité des programmes diffusés est sérieusement à revoir, voire inadmissible ?

     

    Oui, je n'ai pas honte de dire que c'était mieux avant. Désolé pour celles et ceux que ça froisse ou que ça énerve… Mais je suis sûr d'un truc : le JayJay approuvera sans réserves, et certains d'entre vous aussi, chers lecteurs et amis.

     

    Bonne soirée à vous, et bon courage.

     

    - Krähvenn "Trollsson" Vargbroder

    « Nouveau départ...Blessures de l'âme, les conséquences... »
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  • Commentaires

    1
    Samedi 2 Janvier 2016 à 14:45

    Coucou :) 

    Je suis d'accord avec toi sur beaucoup de point, En ce qui concerne l’écologie, la pollution atmosphérique a commencée lorsqu'on se chauffait au charbon et lors des différentes révolutions industrielles. Le problème aujourd'hui c'est surtout la surconsommation et le fait que les industries poussent à la consommation. 

    La génération de nos parents ou de nos grand parents, faisait les courses au marché, troquait avec les voisins (dans les campagnes), chassaient ... Aujourd'hui on trouve tout au supermarché, alors pourquoi se faire suer. Un souvenir d'enfance, lorsqu'on était en vacances dans un petit hameau dans le Vexin, le boulanger qui passait avec sa camionnette tout les matins, heureusement cela existe toujours dans les villages. 

    C'est vrai que l'Euro a foutu sa merde, ils n'ont rien convertit juste enlevé le F et mis le € ... 

    En ce qui concerne les enfants, c'est aux parents qui sont conscients qu'il n'y a pas que les jeux vidéos et la tv dans la vie pour occuper des enfants. Malheureusement aujourd'hui, la plupart des famille vivent en appartement (du moins en région parisienne) et entre le boulot et le boulot a la maison, tu n'as pas spécialement envie de sortir pour aller t'enquiquiner dans un parc ou les gens sont renfermés sur eux même et empêchent les enfants de jouer ensemble. 

    Si un jour tu as l'occasion de venir en région parisienne, tu verrais qu'ici les gens sont mesquins et individualistes.

    C’était oui mieux avant pour beaucoup beaucoup de choses, mais pas pour tout ;) la preuve en est ici présentement. 

    2
    Dorian
    Dimanche 3 Janvier 2016 à 09:54

    Je ne vais hélas pas suivre ton avis nostalgique sur le "il y a vingt ans". Je vois mes grands-parents, y'a un côté de vieux cons cathos qui n'auraient jamais imaginé le mariage pour tous et la modernité. Ils regardaient de la merde à la télé sans arrêt, du matin au soir. Aujourd'hui encore, les plus grands consommateurs des bouses télévisuelles que tu décris, ce sont les anciennes générations. La télé est en crise grâce aux petites jeunes qui préfèrent internet. Et Adblock plus marche du tonnerre de Zeus, preuve que les gens veulent éviter les pubs.

    Oh, et j'en lis des petits jeunes sur Wattpad: certains écrivent très mal en SMS, d'autres ont un français impeccable. Comme ça a toujours été.

    J'ai passé une partie de mon enfance à la campagne et je m'y faisais chier comme un rat mort. Internet a changé ma vie et je ne le troquerai jamais pour des parties de billes.

    D'autres grands parents, je les ai vu vivre à l'ancienne, dans une maison mal chauffée et bien qu'ils fussent quasiment riches, ils vivaient comme des pauvres et sont morts comme des pauvres.

    La musique? Le petit canard et la chenille, de quand est-ce que ça date? De tous temps il y a eu de la soupe musicale et des trucs géniaux. La différence, c'est qu'il y a 20 ans, on découvrait les musiques à la radio entre les pubs qui duraient plusieurs minutes. Aujourd'hui, avec Youtube, on trouve des groupes indépendants sans devoir se coltiner les salles underground.

    Pour l'écologie, c'est la merde, mais une merde qui a commencé au XIXe siècle.

    Quant au fondamentaliste religieux, les attentats de Saint Michel c'était il y a 20 ans. Et y'a 20 ans, si tu avais dit que tu est polythéiste, on t'aurait pris pour un fou. Aujourd'hui, un athée s'en sort très bien en France et dans le monde. J'ai vu des chiffres que je n'ai pas vérifiés, mais selon un sondage, 19% des saoudiens sont athée. 39% des libanais. Il ne faut pas croire les médias, le monde va mal, peut-être, et il ira mal à la prochaine crise, certainement, mais ce n'est pas pire que le 20e siècle, qui a vu 2 guerres mondiales et quelques génocides.

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