• Bonjour, chers lecteurs et amis.

     

    Et nous voilà repartis pour un nouveau convoi de hallebardes de la part de votre Troll favori. Oui, sauf que le sujet que j’ai l’intention de traiter dans ce billet d’humeur me touche, et touche aussi une partie non négligeable de mes lecteurs. Je vais parler du Metal. Non pas pour faire un nouveau serment d’allégeance et d’honneur à mon univers culturel favori … mais plutôt pour relever des « dysfonctionnements », je dirais, une certaine perte d’identité, voire même des conneries innommables qu’on aurait volontiers laissé aux contemplateurs de la sacro-sainte « norme ». J’ai l’impression que le Metal est en train de changer, plus exactement quelques groupes, et une partie du public aussi. J’ai l’impression que les choses ont une « sonorité » différente dans l’univers du gros riff qui tâche, du putain de blast beat, du mosh pit qui envoie du gros, des pintes de bière aux gobelets en plastique consignés … Vous allez le voir.

     

    Tout d’abord, je ne peux m’empêcher de penser à la miss « nan mais allô, t’es une fille, t’as pas de shampooing », laquelle, malgré son statut de starlette lancée comme un paquet de lessive (mais qui s’écrasera comme un paquet de ***), dans l’univers branchouille, putride et indigeste de la « télé-réalité », n’a rien trouvé de mieux à faire que de poser pour une photo … vêtue d’un tee-shirt Iron Maiden. Entre nous, à la place de Bruce DICKINSON ou de Steve HARRIS, j’aurai mal supporté qu’une représentante de « l’internement télévisuel » ...

     

    - de facto, la pire saloperie que les patrons de chaînes mettent en avant en niant totalement un seuil acceptable de dignité humaine au profit des recettes publicitaires, mais bon, passons -

     

    porte un tee-shirt avec un nom de groupe et un visuel évoquant la liberté, la créativité, le bonheur de jouer avec les « peurs médiatiques » des péquins moyens par le biais d’une culture qui a toujours été mise à l’index. Et si nous retournions la situation … Imaginez donc Famine de KPN qui porte un tee-shirt vantant Maître Gims ! Non, bien sûr, ça n’arrivera jamais. Mais, j’ai comme l’impression que l’auto-promotion du statut de « rebelle » n’est, pour certains « avatars de la norme » (qui a dit « pour la majorité » ?), qu’une preuve, s’il en fallait encore une, du côté « cible potentielle pour publicitaires » de ces rebelles … Alors que, bien évidemment, ils n’ont rien à voir avec le Metal, encore moins avec les références livresques de notre musique préférée (savent-ils lire, d’ailleurs, ces « rebelles » ? Vu la façon dont ils écrivent leur propre langue natale, on se le demande), aucune idée de ce qu'est la liberté au sens propre et appliqué, bien sûr.


    Et ces braves pantins qui prennent l'image qu'on leur demande de prendre ne servent finalement que de mannequins écervelés transformés en panneaux publicitaires ambulants. Car l’image du « rebelle » est vendeuse, ça évoque un certain côté « foufou », mais un cerveau faible toujours prêt à investir 22.000 € dans « la voiture idéale », la fameuse Taudis A3 TDI, bien sûr ... Entre nous, tant qu’ils jouent le jeu du système médiatique, « people », publicitaire, et tant qu’ils en touchent des revenus, ils ne pensent pas à se retourner contre lui, encore moins à remettre en question leur misérable existence soumise à ce système. Ça paraît tout con, mais c’est ainsi. Désolé de dire une vérité qui fâche. Et ce n'est qu'un aspect de la rancœur que j'éprouve envers les semblables (ou les descendants, le pire, c'est qu'ils se reproduisent) de ceux qui m'ont fait chier au collège, au lycée, partout ailleurs, "au nom de la norme".

     

    D’autre part, et là, c’est beaucoup plus grave (car, juridiquement, ça porte à conséquences), j’ai eu connaissance (par des vidéastes amateurs étant aussi Metalleux et quelques rares articles de journaux) de nombreux harcèlements sexuels ou attouchements, allant parfois jusqu’à l’agression sexuelle, perpétrés par … des festivaliers du Hellfest, pendant ce festival. Croyez-le ou non, chers amis, mais les signalements de harcèlement sexuel, d’attouchements, ou d’agressions sexuelles, ont augmenté depuis quelques années, dans les festivals de Rock ou de Metal. Tout en prenant en compte le fait que ces actes infamants sont de plus en plus fréquents sur la voie publique (hors festivals), je suis littéralement écœuré que cela se produise maintenant dans des festivals à la réputation déjà salement écornée chez les cathos intégristes, chez les familles « bien comme il faut », chez les vieux débris qui ont peur de tout … par le biais, naturellement, de « chaînes d’info » et de reportages inévitablement partisans, vous savez bien que je ne les porte pas dans mon cœur, et que je ne leur souhaite que l’écran noir.

     

    Je pensais, bien naïvement (Dieu me tripote), que nous autres Metalleux, n’en arriverions jamais à nous comporter comme le plus minable des « survêt casquette baskets » qui ne cherche qu’à « pécho de la biatch », pardon, « oublier sa hargne et sa violence infondée en ayant une relation sexuelle avec une personne du sexe opposé » (la traduction est nécessaire …) Si nous en sommes là aujourd’hui, ça n’est pas seulement immonde, c’est juste inadmissible dans le milieu Metal. Comme dans le milieu Goth. Comme dans des univers culturels qui sont, à l’instar de notre culture, proches idéologiquement ou sociologiquement. Et c’est sans doute une nouvelle raison pour moi, de ne jamais aller au Hellfest, festival qui, j’y arrive, a réussi à se faire détester par certains d’entre nous.

     

    Le Hellfest, justement. Pour celles et ceux qui n’y ont pas été cette année, savez-vous ce qu’ils ont réussi à faire, de façon totalement éhontée ? Tout simplement à vendre la totalité des pass du festival, et ce avant de dévoiler les groupes présents à ce festival. Notons d’ailleurs une subtile augmentation du prix de ce « pass 3 jours », ainsi que le fait que plusieurs groupes qui se sont produits cette année sont déjà venus 3 ou 4 fois depuis les débuts de ce festival. Si, il y a trois ou quatre ans, je pensais faire ce festival au moins une fois dans mon existence … Là, vu les circonstances et vu leur volonté de vouloir en faire un « festival fourre-tout », je laisse tomber. Non, je ne me taperai pas 300 bornes, je ne camperai pas dans un champ qui pue la pisse, je ne croiserai pas des mecs qui montrent leur cul à la télé (au « Petit Journal » comme ailleurs, tant pis pour la dignité, passons encore une fois), pour avoir le droit de dire « J’y étais ». A vrai dire, ce festival a pris une orientation volontairement mercantile, et il est quasiment acquis que, non seulement nous n’y verrons jamais des groupes peu connus mais respectueux d’une certaine qualité de création originale, mais aussi que ce festival finira par s’autodétruire … à force de faire venir les mêmes groupes 5 ou 6 fois de suite, de leur donner un cachet 6 ou 7 fois supérieur à ce qu’ils demandaient il y a 10 ans, à jouer la carte de « la grande famille » … En devenant « mainstream », quoi. Et je ne verserai pas une larme ce jour là.

     

    Par contre, si un groupe que j’aime bien passe à Quimper, à Brest, à Lorient, ou ailleurs en Bretagne, et que je peux aller les voir lors d’un concert durant une seule soirée, pour un prix raisonnable, et un événement musical « en petit comité » (bien loin de 90,000 personnes qui se marchent dessus), ça me conviendra très bien. Libre à tous les autres d’apprécier faire la queue pour écouter du Metal, alors qu’ils font déjà la queue tout le reste de l’année, que ce soit aux péages des autoroutes, aux portes des stations de ski, dans les aéroports, au supermarché l’avant-veille de Noël, ou pour acheter le nouveau « smartphone » à la mode qui ne coûte « que » 1300 €. Grand bien leur fasse, Dieu me tripote (encore une fois) ! Ils ne se rendent même pas compte qu’ils deviennent encore plus « mainstream » et plus « commerciaux » que ce qu’ils ont toujours détesté ! J’aurai été avec plaisir au Ragnard Rock Festival, mais il n’existe plus, sans doute la faute à certaines associations de gens pas drôles et autres « guerriers d’Internet » qui ne prennent même pas la peine d’orthographier correctement un nom de groupe de BM, encore moins de vérifier si ce groupe de BM va réellement interpréter des chansons « faisant l’apologie de la haine » dans ce festival. Bizarrement, les paroles de la plupart des "artistes" de Rap ou de RNB qui font preuve de racisme inversé (eh oui, ça existe), ne font pas hurler les "antifas". Ce qui leur donne, semble-t-il, un petit côté masochiste. "On se fait du mal comme on peut"...

     

    Finalement, même moi, je peux être considéré comme « faf » par ces braves gens. Pourquoi ? Je roule en Ford (le fait que Henry FORD ait financé les nazis avant la Seconde Guerre mondiale leur suffit), j’utilise des produits cosmétiques souvent fabriqués pour le hard discount par BAYER (idem), je suis païen (ça leur suffit pour créer un point Godwin en y associant la « société de Thulé »), et j’écoute du BM. Sans compter mon Harrington, mes Rangers 14 trous (dont les lacets sont noirs picétout), et le fait que je ne comprenne pas ce qui les amène à divulguer des coordonnées personnelles sur leurs blogs (celles de leurs opposants de l’autre extrême). Quand on se fabrique des ennemis … on en arrive à tomber sur un os. Qu’ils ne viennent pas pleurer s’ils se font surprendre.

     

    Évidemment, ce que je fais, ce que je pense, ce que j’aime (de la collection de timbres aux couteaux suisses, en passant par l’humour à l’ancienne), les groupes que j’écoute (je n’ai même pas le dernier album de Korn, pensez donc !) ... rien de tout cela n’est « tendance ». C’est là finalement tout le problème avec les tendances, les « modes », chers lecteurs et amis : dès que ça arrive, tout le monde est content, ce qui est remplacé par la nouvelle tendance devient vite ringard, nul, naze, tout le monde se précipite dessus comme un vol de corbeaux sur une charogne. Eh oui, même dans le Metal, ça existe. Même dans le milieu Goth. Même parmi les Travellers (pour certains, l’adulation envers le Mercedes 508 de 6,75 mètres de long, déclassé véhicule léger, est toujours tenace, malgré la surcharge dès qu’un teuffeur embarque avec son chien et un pack d’eau en bouteille …) Et c’est là tout le paradoxe : au lieu d’adhérer à ces « tendances », à ces « modes », pourquoi ne pas se contenter de ce que nous avons ? En tant qu’outsiders assumés, est-ce que s’abandonner à la « mode » n’est pas une trahison à nos idéaux, à nos rêves, à notre volonté d’être tels que nous sommes, heureux avec le savoir au lieu de l’avoir, et la détermination de mener nos vies comme nous l’entendons ?

     

    Donc, oui, je pense que le Metal est en train de nous échapper, de changer, d’évoluer … et, pour plusieurs éléments, pas dans le bon sens. Soyez rassurés : votre Troll préféré est toujours là. Eh non, je ne renoncerai jamais à ce que je suis.

     

    Bon week-end à vous tous, à bientôt.

     

    - Troll

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  • Bonsoir, chers lecteurs et amis.

     

     

    Je ne dirais pas « C’est un tout autre Troll qui vous parle ce soir », mais je n’en pense pas moins. Pourquoi donc ? Eh bien, hier après-midi, j’ai été voir mon psychiatre, en compagnie de ma mère. Tous les deux, on voulait savoir. Lever le doute sur ce « mystère » qui, finalement, n’en a jamais été un en près de trois décennies. Savoir si je suis réellement « schizophrène », ou si, au contraire, je suis plutôt « différent ». Vous l’aurez sans doute compris, je veux parler ici d’une différence (que je ne veux pas qualifier de « trouble » ni de « maladie »), à savoir le syndrome d’Asperger. Et, ça y est, il semble bien que ce soit le cas. yes

     

     

    Eh oui, ma psychiatre m’a bel et bien dit que, vu les éléments de mon passé, mes préférences culturelles, mes difficultés relationnelles, mon inaptitude à être « heureux » tel que je le suis sans poser un regard involontairement désabusé voir cynique sur cette « société », elle voyait assez bien chez moi un « tableau évoquant le syndrome d’Asperger » avec tendance dépressive et/ou anxiété, et non un « tableau clinique de psychose paranoïde ».

     

     

    Accepter la vérité, le premier pas vers la sagesse et l'honneur.

     

     

    Ça peut vous paraître bizarre, mais, ma mère comme moi, nous nous sommes sentis « soulagés », à la sortie de ce rendez-vous. Soulagés que je ne sois pas réellement schizophrène … car, oui, j’ai connu ou entendu parler de jeunes réellement schizophrènes, qui pour certains, éprouvaient les pires difficultés car ils refusaient catégoriquement ce diagnostic, et donc, ne voyaient pas de psychiatre, ne se soignaient pas, ou croyaient à un délire totalement mystique, à grand renfort d’herbes Néerlandaises et/ou d’alcool fort. Ce qui est, bien évidemment, tout sauf la meilleure chose à faire contre cette pathologie. frown

     

     

    Je ne dirais pas grand-chose des « médias » (qui ont leur part de responsabilité dans le manque cruel de connaissances et la surabondance de préjugés débiles sur le sujet des maladies psychiques dans le discours des « masses »), mais je n’en pense pas moins. Nous nous sommes aussi sentis soulagés, car, comme nous l’a dit le doc’, « l’autisme d’Asperger ou de haut niveau est, en entreprise, plus volontiers vu comme une réserve de potentiels divers et variés que la schizophrénie en tant que maladie permettant de travailler et de mener une vie normale »… (Je résume)

     

     

    Alors, j’ai demandé à ma psychiatre, et elle l’a fait, de diminuer légèrement mon traitement, ce qui me fatiguera un peu moins. C’est vrai que 400mg de neuroleptique atypique dans la poire chaque soir, ça endort un cheval, alors un Troll … ^^ Ensuite, elle nous a dit qu’un dispositif pouvant m’aider à aller vers l’emploi existe sur Quimper, ce sera à voir dans un avenir à moyen terme (12 à 24 mois, je pense). Pour faire quel métier, je n’en sais encore rien. Ce qui est sûr, c’est que cela ne sera en aucun cas de la conduite de véhicules ni d’engins de manutention (peu importe leur catégorie), et, pour être honnête, un simple travail « de bureau » m’ira bien. En saisie informatique, dépannage PC, ce genre de choses. Hélas, ma corpulence et mes quelques problèmes articulaires épisodiques ne me permettront pas de devenir mécanicien cycles ou ouvrier en élevage de biquettes … et pour 15 postes par an en France, dont 10 postes saisonniers, on oublie, ça c’est fait. Voilà, alors je me sens mieux avec cette différence, ces espaces professionnels où mon potentiel pourra s’exprimer en totalité, car mon cerveau génial et fertile ne m’appartient qu’à moi, Dieu me tripote (merci mon Dieu, comme dirait Desproges) he

     

     

    Accepter la vérité, le premier pas vers la sagesse et l'honneur.

     

     

    Maintenant, je sais ce qu’il me reste à faire. Ne plus mener ma vie « en fonction du regard des autres ». Ne plus mener ma vie pour tenter de ressembler à ce que je ne peux pas supporter. Ne plus mener ma vie en fonction du passé, mais espérer en me tournant vers l’avenir. Ne plus faire acte d’autoflagellation mentale en culpabilisant sur ce que j’ai été, sur tant de choses qui auraient pu changer mon existence. Penser positif, prendre du recul vis-à-vis de tant de choses réellement insignifiantes (le carcan normatif en fait partie !), vivre pour moi, et être là pour ceux que j’aime, famille comme meilleurs amis, au lieu d'être "dans ma bulle".

     

     

    Je commence tout juste à faire le chemin nécessaire à l’acceptation de cette réalité. Et, j’en fais le serment devant les Anciens Dieux, chers lecteurs et amis … j’irai au bout de ce chemin. Pour me prouver que ma « différence » vaut carrément le coup d’être mise en valeur. Pour foutre en l’air et disperser au vent les reliques désagréables de mon passé psychotique inhérent à la fréquentation, autrefois, de sociopathes adeptes du pentacle inversé. Pour vivre, droit dans mes bottes. Pour ne rien regretter. Pour exister, tel que je le suis, et débarrassé du négatif, peu importe la forme qu’il prenne. Pour être moi. Pour être heureux … enfin.

     

     

    Accepter la vérité, le premier pas vers la sagesse et l'honneur.

     

     

    Bon week-end à vous toutes et tous, et que le Grand Faiseur du Bouzin veille sur vous. Ou Thor, ou Bouddha, ou Jésus, ou un autre. "Si j'étais Dieu, je ferais croire que j'existe." (Desproges, encore) glasses

     

     

    BANZAÏ !

     

     

    - Troll  

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  • Chers lecteurs et amis, voici une petite nouvelle de ma création. J'espère qu'elle vous plaira. Bonne lecture... et, comme d'habitude, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez par les commentaires !

    - Troll

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    Avant l’aurore, ce matin, la grande nouvelle est tombée. Nos forces, aidées par ceux de nos alliés Gothiques n’ayant trahi ni les origines de leur culture ni leur marginalité, allaient passer à l’action pour expurger le territoire, et notre culture, de cet immense ver poisseux et nauséabond qui pourrit la pomme. Grâce à plusieurs partisans étant également radio-amateurs, et communiquant via une des rares fréquences n’étant pas écoutée par nos ennemis, nous avions finalement coordonné nos actions. Le temps était venu, d’honorer le serment sacré envers notre culture sombre, froide et vénérée, par une rébellion dont l’histoire se souviendrait … Un soulèvement culturel, une réponse implacable à toutes les humiliations, à toutes les accusations débiles, à toutes les condamnations lancées par les médias et ceux qui se prosternent devant eux.

     

    Nous étions rassemblés dans les forêts mystiques, chacune d’elles formant un de nos temples, aux lisières des grandes villes. Contrairement à tant d’autres, nous n’avions aucun besoin de bâtisses de pierre et de bois, ou d’acier, pour nous retrouver. La Nature a toujours été notre sanctuaire, et nous lui en étions redevables à jamais. Nous n’attendions plus que le signal convenu pour nous lancer à l’attaque de ces métropoles depuis longtemps passées sous le contrôle, tacitement accepté par les masses crétinisées et agenouillées, de la « culture du flex ». Et ce signal avait une importance de taille : les groupes commandés par Myrinath Griffe d’Acier, électricienne de son état, allaient d’ici quelques instants s’atteler à couper, une bonne fois pour toutes, le faisceau de télévision hertzienne, ainsi que celui de toutes les radios. De cette façon, les Enfants de Morteforêt et leurs alliés savaient que les adorateurs de l’abrutissement, de la déchéance, de la pourriture bobo soi-disant « rebelle » émanant des médias comme autant de vomissures corrosives et corruptrices allaient être désespérés … par un arrêt brutal de leur « perfusion de culture ».

     

    Mörgath, l’opérateur radio, venait de confirmer l’information, après avoir reçu de nos quelques sympathisants restés en ville le mot de passe « Black-out » : tous les écrans étaient noirs, toutes les stations de la bande FM n’émettaient plus rien. Le mot de passe non contraint « Pass The Kingdom » nous est parvenu par notre radio longue portée quelques minutes plus tard. Enfin, nous aurions notre vengeance. Alors, hurlant notre haine et notre volonté d’en découdre en levant nos armes ancestrales, nous nous sommes rassemblés auprès de la Grande Prêtresse, au centre de notre sanctuaire de la Morteforêt. Vêtue de sa traditionnelle cape de tissu noir, d’un pantalon ample de la même teinte et de ses bottes hautes ornées d’anneaux de fer, elle demanda le silence d’un geste de sa main, et dit, de sa voix calme et déterminée :

     

    « Mes frères, mes sœurs, l’heure est venue. La maladie qui gangrène nos terres est sur le point de disparaître. Le vent se lève, et les vies de nos ennemis se meurent. Les rayons du Soleil, force suprême de la Nature, saluent le noble combat que nous allons mener. Les pantins décérébrés de la seule culture socialement admise ont toujours raillé nos valeurs, nos principes, les fondements même des entités qui sont nos raisons de vivre libres, là où les malades de la norme sont soumis à ce qui leur plaît, et à l’abruti médiatique qui les représente le mieux. Battez-vous avec bravoure, n’ayez aucune pitié, tout autant qu’ils n’en ont jamais eu aucune envers nous. La fierté ne meurt jamais, rassurez-vous, et un peuple banni se retourne aujourd’hui contre les instruments de la déchéance. Gloire et Honneur à vous tous. »

     

    Curieusement, il n’y eut aucun cri, aucun « Hourra », ni aucun « Baston », mais nombre d’entre nous hochèrent la tête en signe d’approbation, d’autres frappèrent leur poitrine de leur poing. Semblables à des Trolls hideux, à des Korrigans aux rictus malfaisants ou à des Gnomes verts olive surgis des légendes Scandinaves ou Celtes, et grimés de peintures de guerre comprenant la Rune de la Force, nous sortîmes de la forêt, judicieusement camouflés par nos tenues aux couleurs s’adaptant selon l’environnement. Au même instant, partout ailleurs dans le pays, d’autres factions de nos semblables sortaient de l’ombre, et approchaient des villes désormais maintenues dans le silence des écrans plats et des radios ne diffusant plus rien. Myrinath et les siens avaient fort bien exécuté leur tâche.

     

    Nos tee-shirts ou nos vestes arborant tant de groupes de Metal, plus ou moins extrêmes, et tant d’éléments culturels jusqu’à lors bafoués, nos falzars changeant désormais progressivement de couleur, du vert salvateur de la cambrousse au gris terne de la ville, et nos haches, nos épées, nos masses d’armes et nos cimeterres, commencèrent à provoquer la panique et la désorganisation dans les rangs de nos ennemis. Nous étions dans les villes. Dans « leur » monde. Notre détermination et notre volonté nous menaient, partout, comme autant de flux mystiques et occultes sortant des domaines sylvestres très souvent craints … Comme un présage des Divinités en notre faveur, un vol de grands corbeaux nous accompagnait en croassant avec une rare intensité. Cela avait un sens, ces animaux étaient partie intégrante de nos traditions, et eux aussi avaient été malmenés par l’histoire…

     

    Quant à nos ennemis … C’était la débandade dont nous avions tant rêvé. Nombre d’entre eux ont à peine eu le temps de comprendre ce qui allait leur arriver … alors qu’une arme antique leur ôtait déjà la parodie de vie qu’ils avaient mené. Nous autres, ne voulions pas reconstruire la société à notre image, mais juste la vengeance. Et la bénédiction des anciennes Entités, peu importe les noms que nous donnions aux « Grands Faiseurs du Bouzin ». Plusieurs unités de nos forces avaient reçu l’ordre de mettre à sac les icônes de la culture dominante. En premier lieu, les magasins de disques et les librairies devaient être débarrassés de tous les exemplaires de CD, de DVD, de livres appartenant à leur soi-disant « liberté culturelle », qui n’était que le symbole de l’oppression vécue par tous les autres. Ensuite, ce serait au tour de leurs « représentants » de payer … d’une façon ou d’une autre. Certains devaient être capturés vivants, pour bien leur faire comprendre que leur temps était révolu. Les autres, tous les autres, seraient les victimes de notre haine, épluchées vivantes et suspendues au-dessus d’un immense feu de joie alimenté par la malepierre. Quelques-uns se retranchaient derrière des « gardes » qui étaient bien peu nombreux au regard de nos hordes. Leur sort fût scellé dans la journée.

     

    Ordre était donné, et accepté par toutes et tous, d’épargner les « neutres », celles et ceux n’affichant ni signe d’allégeance à la « norme ambiante », ni à nos troupes. Et ils étaient bien rares … Malgré tout, les survivants que nous avions épargné avaient bien compris que le rapport de force avait changé de camp, et la peur aussi. Quelques-uns des nôtres, ayant délibérément mis à sac un magasin d’alcools forts, festoyaient bruyamment, en beuglant plus ou moins à l’unisson un antique chant Viking, le « De To Spellemenn », et en poussant des grunts dignes de ce nom, ou tournaient les yeux lors de leur ivresse, comme pour saluer le crépuscule, et la Lune qui fit son apparition. La Lune est verte comme la forêt, le Ciel est noir comme la haine. Pour autant, ce n’était pas « le grand soir ». Mais les « petits matins » imprégnés de rosée et de couleurs variant au rythme de l’année qui allaient suivre seraient inévitablement frappés du sceau et des runes de nos serments. Considérant que la mission avait été pleinement accomplie, même s’il y avait eu quelques débordements, la fréquence radio commune annonça que le temps de rentrer dans nos forêts mystiques et occultes était venu. Le mot de passe « Retranchement au Sanctuaire » est tombé à 21 heures 30, nous sommes pour ainsi dire repartis comme nous étions venus … ne laissant qu’un « message sans ambiguïté » derrière la sabotée bruyante de nos troupes.

     

    Depuis lors, nous, les Trolls, Gnomes, Korrigans et autres « bestioles nocturnes » ayant fait depuis longtemps allégeance aux Temps Anciens et aux Croyances Immémoriales que glorifient notre musique, avons fondé des communautés, plus ou moins grandes, dans les forêts, et nous vivons en accord total avec la Nature, les saisons et nos spiritualités, surtout sans laisser quiconque nous donner d’ordres ou de leçons sur ce que nous avions fait ou notre avenir. Et, bien évidemment … ceux qui ont tenté de souiller nos domaines forestiers n’en sont jamais revenus. Les légendes anciennes et les peurs primaires sont devenues nos armes les plus efficaces. Nous avions gagné ce combat, le droit de vivre libres tels que nous sommes, et dans les conditions les plus propices à notre survie. L’ancienne Tradition avait triomphé.

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  • Bonsoir, chers lecteurs et amis !

     

    Ce soir, j'aimerais vous faire rêver, vous faire penser, vous transcrire des évocations de voyage en camping-car, ou en fourgon aménagé. En quelque sorte, faire l'éloge du mode de vie Traveller, car c'est une culture underground qui me plaît tellement, que je pourrai en parler des nuits entières. Et ce après avoir passé quelques nuits blanches à baver violemment, à la lecture de blogs de voyages à l'étranger… Je ne sais pas si je pourrai redevenir Traveller un jour, peut être pas, en tout cas, je mettrai un point d'honneur à le faire… si c'est dans mon cheminement personnel, et surtout si c'est possible. C'est, disons-le tout net, à l'instar de la yourte ou du chalet au milieu de nulle part, une des plus belles et des plus abouties définitions de ce qu'est la liberté. Et, vous savez combien ça me tient à cœur !

     

                                          Jusqu'à l'horizon, et plus loin encore...

     

    Alors, je sais, je n'ai pas voyagé très loin avec le Bedford que j'avais en 2009/2010. Ma maladie m'a barré le chemin. Mais, il faut que je vous dise : je n'oublierai jamais les virées que j'ai fait aux commandes de cet engin de teuffeur. Cela restera gravé dans ma mémoire, et revient en partie, sous forme de sympathie, au croisement d'un camping-car ou d'un fourgon aménagé. Et ce, peu importe l'âge, la marque, ou l'aspect général d'un tel véhicule. J'ai en tout cas une pensée sincère pour Orèl et son compagnon, à chaque fois que je croise un C/C. Je me dis, « ça pourrait être eux, de passage dans la Creuse pour venir me voir ». D'ailleurs, j'attends leur visite prochaine avec impatience ! Ils comptent parmi mes amis les plus fidèles et les plus intègres. Dans le sens où ils n'ont jamais renoncé à leur mode de vie, à leur simplicité, à tout ce qui fait leur culture personnelle (look, musique, intérêts, idéalisation du voyage…), et c'est pour cela que je suis resté en contact avec eux.

     

     

                                  Jusqu'à l'horizon, et plus loin encore...

     

     

    J'ai de magnifiques souvenirs de nuits passées à regarder des blogs évoquant un voyage en C/C vers la Mongolie ou l'Asie centrale, ou encore vers l'Iran (bien que cela soit déconseillé actuellement à cause de la situation en Turquie), le tout en abusant d'une perfusion psychédélique que l'on nomme « Psytrance ». Je n'ai pas honte d'avoir des rêves comme celui ci, ou comme d'autres d'ailleurs. J'y repense souvent…

     

    Quand bien même les Travellers font peur aux « bonnes gens », il faut apprendre à les connaître pour les comprendre, pour se représenter leur idéal de liberté et de simplicité. Il ne faut pas les chasser d'un parking (soi disant parce qu'un camping-car, « ça fait tâche »). Il faut les laisser vivre ! Car, à leur façon, ils font tourner l'économie comme toute autre personne. Ne croyez pas que ce sont des citoyens de seconde zone, ou des fainéants, sous prétexte qu'ils vivent à l'année dans un véhicule aménagé. Évidemment, la normopathie ambiante ne les aide pas, bien au contraire ; alors, si une minorité adopte des comportements dédaigneux ou réducteurs vis-à-vis des sédentaires, l'immense majorité ne fait que vivre selon son idéal.

     

    Et, les années passant, la jeune génération de nomades (20-35 ans) est de plus en plus complétée par de nouveaux retraités. Ceux-ci vivent aussi à l'année dans leur véhicule, ils ont une adresse postale chez leurs enfants ou chez des amis, ont parfois revendu leur maison pour vivre dans l'équivalent d'une cabine de péniche, mais ils sont heureux, et ils profitent à fond de la vie. Car, l'humain n'est pas éternel…

     

    Ainsi donc, beaucoup d'entre eux se comportent tels des oiseaux migrateurs : en plein hiver, ils foutent le camp en masse au sud de l'Espagne, ou au Maroc, et l'été, pour éviter les grosses chaleurs et les coins trop touristiques, ils prennent la direction du Nord, notamment la côte de la mer du Nord, et par extension la Belgique et les Pays-bas. Je pense, même sans faire partie de cet assemblage hétéroclite de cultures, de véhicules et de visions du monde différentes, qu'ils sont plus heureux et posés, qu'en étant cloisonnés dans un appartement en ville. Au moins, si l'accueil dans un patelin ne leur convient pas, ce n'est pas grave : ils font dix kilomètres de plus et trouvent autre chose.

     

     

                                        Jusqu'à l'horizon, et plus loin encore...

     

     

    Quant aux causes de l'adhésion de plus en plus de jeunes (et moins jeunes) à ce genre de mode de vie, elles sont nombreuses. Notamment le coût des loyers, le coût en général de la vie en ville, le besoin de se créer un univers (par le biais des free-party et autres festivals), la passion du voyage, jusqu'à l'horizon et plus loin encore, jusqu'à plus soif. Je ne peux que tirer mon chapeau à ces jeunes (et moins jeunes) pour leur courage, leur détermination, leur volonté de bouleverser les codes de la norme, et de se réapproprier leurs existences. Je l'ai déjà dit, si je le pouvais encore, je serais à leurs côtés !

     

    En tout cas, chers lecteurs et amis : si vous faites ce choix de vie dans les prochaines années, et que mon projet de vie simple (chalet, roulotte ou yourte) se concrétise comme prévu, je vous inviterai volontiers à passer quelques jours tout à fait trollesques sur mes terres ^^

     

                             Jusqu'à l'horizon, et plus loin encore...

     

     

    Une dernière chose : votre particularité culturelle est à préserver des coups de boutoir de la normopathie ambiante. Restez tels que vous êtes, gardez votre indépendance… Et, si vous êtes appelés un jour à redevenir sédentaires, pourquoi ne pas revendre le camion et opter pour un habitat léger et mobile ? Tout est possible !

     

    A très bientôt, au plaisir de vous lire !

     

    - Troll

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  • Chers amis lecteurs, voici un récit de voyage en Bedford... Souvenirs !

    Bonne lecture à vous tous !

     

    La Chevauchée des Ménestrolls, par là bas à travers (*) 

    Et donc, ce jour froid et humide de janvier 2010, j'appelle un de mes amis Metalleux de l'époque, à savoir Mohrkahnt Skjenet Ov Svarte Morket (de son prénom Romain, mais dans le Metal extrême, on a souvent un surnom, "alter ego", à coucher dehors avec un billet de logement !) et je lui propose une petite virée en Bedford. Il accepte sans discuter, et il me rejoint à en banlieue Ouest de Grenoble, sur le parking "visiteurs" de la résidence où habitaient mes parents à l'époque. Eh oui, parking visiteurs... Car le Bed ne pouvait pas entrer sur le parking dévolu aux propriétaires et locataires de la résidence, impossible de le manœuvrer sans risques, non seulement pour son intégrité de carrosserie, mais aussi par peur d'égratigner un véhicule plus moderne... Donc, nous nous retrouvons sur ce parking. Tour de vérifications (comme avant chaque départ, eh oui, comme à l'épreuve pratique du permis PL et SPL !), 10 minutes de montée en température du moteur, je branche mon walkman MP3 de l'époque sur la prise USB du poste radio (entre parenthèses, le seul truc électronique monté dans le Bedford !) et en avant pour la France ! 

    Nous sortons donc de la ville par la route du pont de Catane, la meilleure option pour s'insérer sans souci sur l'autoroute urbaine A480 qui traverse l'agglo, du nord de St Egrève au sud de Claix et jusqu'à la jonction avec la branche nord de l'A51. Autoroute urbaine surchargée aux heures de pointe, mais aussi, bien évidemment, quand viennent les vacances d'hiver, c'est une route d'accès majeure aux stations de l'Oisans, du Dévoluy, et même de Gresse en Vercors... Et c'est un peu avant, à hauteur de Pont de Claix, et de sa magnifique tour d'alarme (tour ressemblant à un phare, mais abritant l'alarme pompiers permettant d'annoncer un accident à la plateforme chimique toute proche...), que nous quittons l'A480. Nous nous retrouvons immédiatement sur une route 2x1 voies, sans possibilité de dépassement pendant plusieurs kilomètres... Et un premier test pour les phares et feux du Bed', un magnifique tunnel... A l'entrée du quel il est précisé "Distance minimale entre deux véhicules : 90 mètres" par un panneau bien visible. Évidemment, personne ne respecte ça, et toute la "noce" des véhicules suiveurs se colle à nos basques. Bien forcé de ralentir, le tunnel étant limité à 70 km/h, j'encaisse la "rage routière" des possesseurs d'Audi A3 TDI et autres voitures onéreuses de "frimeux" qui, en nous doublant rageusement 5 km plus tard, nous feront bien comprendre que "la route est à eux" et que nous n'y avons pas notre place, avec notre armoire normande sur roues ^^ Manque de pot pour eux, j'ai l'habitude de ce tunnel : je l'ai pris je ne sais combien de fois, en véhicule présentant ô combien plus de risques que le Bed' : à savoir un ensemble routier tracteur + semi citerne... Option produits chimiques (!) Il est samedi, alors bien sûr, les véhicules relevant de la RTMD (réglementation du transport de marchandises dangereuses par la route) ne roulent pas ! 

    Peu nous chaut, nous continuons sur la route. A notre gauche, arrive le terrain vague sur lequel, des années auparavant, s'élevait l'usine Enichem Polymères (groupe ENI, anciennement Agip). Il n'en reste rien que quelques fondations éparses, dans une savane d'herbes jaunies, similaire à ce qu'on croise en forêt des Landes après la tempête de 1999... 

    Sur ces considérations post-apocalyptiques, nous prenons volontiers le pont routier surplombant la gigantesque plateforme Arkema de Jarrie/Champ sur Drac, accompagnée de l'usine AREVA et du dépôt Air Liquide... Tous ces logos sympathiques nous rappellent que nous sommes bel et bien en zone SEVESO. Inutile de s'en approcher, encore moins d'ouvrir les fenêtres ! Quelques kilomètres plus loin, ayant retrouvé le plancher des vaches, nous entrons dans le défilé de la Romanche (non, pas Gromanche comme dans Groland ^^), mais le torrent, affluent du Drac, qui naît dans le secteur de Bourg d'Oisans. C'est dans cette localité que nous nous rendons, à vitesse très modérée. Le passage au droit des Ruines de Séchilienne, après le contournement de Vizille (haut lieu de la Révolution Française) est impressionnant, on s'attend à tout moment à prendre 3.000.000 de mètres cubes de roches dans la poire (ça devait se produire il y a 40 ans, un lotissement entier a été exproprié et rasé, une déviation routière et un aqueduc ont été construits, et puis bon, Grenoble et Vizille sont toujours debout...) Bonne nouvelle, la rude et étroite traversée de Livet-et-Gavet et d'une partie de Rioupéroux n'est plus obligatoire, une déviation bien conçue fait son office pour éviter les bouchons. A la bonne heure ! 

    Ensuite, nous attaquons une portion en 2x2 voies, limitée à 110. A quoi bon se prendre la tête, dans ces conditions et la rampe de 3%, le Bed ne dépasse pas 75 km/h ! De fait, nous nous faisons violemment déposer par toutes sortes de voitures plus... conventionnelles que notre engin de teufeur ^^ Et c'est à ce moment là que se justifie notre surnom de "Ménestrolls" : le troll étant une créature de la mythologie scandinave, et le cœur à chanter, nous entonnons un ancien chant Viking en Danois ancien, le "De To Spellemenn", dont voici une vidéo musicale ! Ça reste du Metal bourrin, donc vous êtes libres de ne pas écouter... 

     

                                 
     

    Det bodde en fru ved Kjerraten, FATTERA SOMMERSVANE ! 

    En gros, c'est l'histoire de deux sœurs, dans un village Viking ancien. Et une des deux est malchanceuse en amour... Deux ménestrels ("Spellemenn" en Danois) arrivent au village, et jouent. La sœur la plus malheureuse en amour lance un sort pour séduire un musicien. Manque de bol, le sort échoue, et se retourne contre elle : non seulement l'autre sœur (donc la plus chanceuse) part en couple avec le ménestrel, mais la "sorcière" meurt brûlée par une force occulte le lendemain... 

    Emportés par l'élan Viking bien compréhensible, surtout sur une route de Trolls (en pleine vallée, traversant des forêts et des étendues désolées, avec une rivière qui serpente...), nous nous mettons à chanter en yaourt et à l'unisson éraillé par la cigarette :"Saucisson, Tradition, Baston, Pâtes au Saumon, Viande des Grisons" (allez savoir pourquoi !) Hédonistes, les Metalleux ? Plus que jamais ! 

    Aucun souci mécanique, le Bed' chauffe normalement, et l'essence ne manque pas dans le réservoir. Le rayon de braquage impressionnant (des années après, je ne m'en remets pas !) nous aide bien dans les rond-points les plus serrés. Tout va bien. Les balais d'essuie glaces font aussi leur office, pour lutter contre la bruine ! Feux de croisement allumés, bien sûr, pour ça.... J'ai toujours fait un peu comme les Scandinaves, justement ! Qui, eux, allument leurs feux de croisement à la moindre chute de luminosité... (et chez eux, Norvège, Suède, Finlande, Danemark, c'est obligatoire du début de l'automne à la mi mai !) 

    Nous arrivons à Bourg d'Oisans... exactement 1h25 après notre départ de Grenoble, en bon état (l'équipage comme le tromblon)...

    Nous nous baladons quelque peu en ville, et nous trouvons sans peine un troquet pour boire... une Bière, évidemment ! La pause toilettes s'impose aussi, le Bed n'étant pas pourvu de WC chimiques. 

    Ensuite, une petite halte au supermarché de la ville (Super Casino il me semble), nous achetons là bas... Un pack de bière Belge (on n'en a jamais assez ^^) et un saucisson de "par là bas à travers" ! 

    Retour sans histoire, bon souvenir, carrément barré (autant dans la musique, dans le véhicule, que dans le look : treillis noir pour le pote, camouflage pour moi, Rangers au pied, sweat Pagan Metal pour moi, tee shirt Taake et perfecto pour mon coéquipier, et bien évidemment, le béret pour moi, ajoutez à cela le marteau de Thor au cou et vous aurez le tableau complet) !

     

    La Chevauchée des Ménestrolls "par là bas à travers"...

     

    Merci à vous d'avoir lu jusqu'ici ! A bientôt !

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  • Bonjour, chers lecteurs et amis.

     

    Comment vous dire… J’aurais aimé parler d’autre chose que de politique, de la situation actuelle en France, pardon, dans la « start-up France » (ironie), mais finalement, comme l’actualité est littéralement dominée par ces thématiques qui nous deviennent détestables… J’ai choisi de me mettre à l’aise sur ce sujet, et je suis convaincu que parmi vous, beaucoup vont se sentir concernés. De même que certains arrêteront de suivre Dernier Bastion, sans doute écœurés par mes coups de boutoir envers la « société de la norme », laquelle a remplacé avec succès « la société du spectacle » bien décrite par Guy DEBORD.

     

    Comment être humaniste ?

     

    Comment ai-je pu l’être ?

     

    D’abord, comment être humaniste, oui, dans ce pays de veaux bien dociles se laissant mener à l’abattoir ? Ceux-là même qui vous détaillent comme un quartier de viande sur pattes à cause d’un « détail » vestimentaire ou physique, qui sort de leur « normalité » - pardon, de leur normopathie méritant décidément de toute urgence sa place d’honneur dans le DSM-V, le répertoire des troubles psychiques et psychologiques – et qui s’offusquent de votre réaction quand vous ne souhaitez pas que ces tristes représentants du « déclassement » vous emmerdent ou fassent un commentaire baveux sur votre look !

     

    Non, définitivement, on ne peut pas être humaniste envers tout le monde, à mon sens. Pas dans ce pays. Ailleurs, peut être, à coup sûr dans des pays plus évolués et plus ouverts vis-à-vis des cultures Metal, Goth, du Paganisme, et comprenant dans leur culture le respect de l’intimité … en gros, la Scandinavie, la Finlande, l’Angleterre vu ce que m’en dit le JayJay y mérite sa place … L’Allemagne bien sûr, car je tiens à souligner que le festival de Metal de Wacken n’a jamais connu de débordement notable … contrairement à tant de concerts de Rap. Le Japon, la tolérance globale envers la culture de l’autre, son intimité, son look, est telle que les jeunes mecs et filles sont bien libres là-bas de s’habiller en personnages de Mangas, en super-héros, en guerriers du Moyen-Âge, ou en Trolls (!), personne ne leur dit rien. Pas une agression, pas une remarque du genre « wesh Dracula, t’es sataniste ou bien ? », rien de tout ça. Ah, au fait. Est-ce que ces pays tolèrent des rappeurs bloquant une autoroute ou une ligne de chemin de fer pour un « clip » de leur regrettable « musique » ? Est-ce que leurs médias sont monopolisés par cette culture « bling-bling », dont les pires représentants chez nous produisent finalement des individus à peine aussi évolués que l’électeur FN moyen ? Je ne crois pas. Ou comment avoir une soudaine envie de demander l’exil culturel !

     

    Chers lecteurs et amis, vous vous dites sans doute que je ramène tout ou presque à la culture (ou à l’inculture). C’est pas faux. Traitons maintenant, si vous le voulez bien, la seconde partie de la question, sur le volet politique et sociétal.

     

    Comment ai-je pu être humaniste ? Comment ai-je pu croire faire partie de ce peuple qui, bien que certains aient réalisé depuis longtemps que voter ne sert à rien ou presque, continue à choisir ses « représentants » comme ils choisissent des tomates ou des carottes au supermarché, autrement dit … sans réfléchir ? Sans penser autrement que « bah, la télé a dit ça, je vote ça, parce qu’il pleut, fait chier » (!)

     

    J’ai voté Flon-Flon en 2012, pour faire barrage au Nabot, je m’en suis mordu les doigts pendant longtemps. J’ai voté contre Mme Flamme Maudite (et pas vraiment pour Mr Uber), et j’aurai mieux fait de me casser une jambe ! Bien évidemment, libre à notre nouveau « patron », puisque c’est ainsi qu’il définit le pays, une « start-up », de dire qu’il y a « des gens qui font de grandes choses et des gens qui ne sont rien ». Merci camarade, depuis le temps que je suis plus ou moins « interdit de travailler » par la bonne volonté de la MDPH, de Cap Emploi, et d’une congrégation de fans de la « pause-café » vissés sur leurs fauteuils en cuir et engoncés dans leurs logiciels idéologiques périmés, j’ai fini par en être convaincu ! Je pense que je ne voterai plus jamais, et à quoi bon ? Même en prétextant un « renouvellement » de la classe politique, l’ultra-libéralisme, le « développement durable », la casse des droits sociaux, la chasse aux « différents » iront croissant ! De même que la présence regrettable du FN au Parlement … après tout, l’extrême-droite a toujours été l’alliée du grand capital, car elle ne représente que la finance et la magouille (l’emprunt Russe au dessert, c’est un régal !), et ses alliés, nécessairement hostiles aux travailleurs … qui pourtant se jettent dans les bras des populistes. Et l’histoire ne me donne pas tort ...

     

    Comment ai-je pu croire en la chimère de la « décroissance », cette connerie à roulettes puant le néo-malthusianisme qui consiste à dire « coupez-vous de tout, sauf des minimas sociaux, éclairez-vous à la bougie, chauffez-vous au pull, caguez dans la sciure ! ». Je dis « chimère », mais je devrais en fait dire « tendance ». Eh oui, car finalement, l’écologie obtuse, si ça marche si bien, ça doit bien rapporter à quelques-uns. Et ce malgré l’apparente « déconnexion vis-à-vis de l’argent » que semblent afficher beaucoup de « décroissants ».

     

    Je ne m’étonne plus que certains prennent un malin plaisir à provoquer l’affolement, notamment en ce qui concerne les fameux compteurs Linky. Non mais attendez, vous vous érigez en « sauveurs de l’humanité », en « lanceurs d’alerte » (ça aussi, c’est une tendance), en « dénonciateurs du futur génocide » (je n’invente rien), à cause de nouveaux compteurs électriques … qui, finalement, émettent bien moins de rayonnement électro-magnétique qu’un PC, un téléphone portable, ou une ampoule à incandescence, ou le terminal de paiement électronique d’un supermarché !

     

    Et, car il vous faut bien « racoler » (on appelle ça des « putes à clic », sur Youtube ou Facebook, entre autres), vous assimilez votre soupe tout à fait fantaisiste et jamais vérifiée scientifiquement aux Illuminati. Non seulement vos approximations sur les ondes radio et les rayonnements électro-magnétiques sont autant de raisons de vous transformer en « Youtubeur électrosensible » que de faire partie des dérangés du bocal (les mêmes qui en viennent à porter un chapeau pointu en aluminium), mais vous avez littéralement mité le mouvement altermondialiste en un peu plus d’une décennie, et vous êtes en bonne voie pour en faire de même avec tout le mouvement écolo.

     

    Sans déconner, les Illuminati n’existent plus depuis plus de deux siècles ! Et, si vous craignez tant les « complots » et les « conspirations » qui n’existent que dans vos esprits faibles et perméables à tout, faussement « éveillés », pourquoi ne pas vous enterrer dans des abris blindés par cinq mètres d’épaisseur de béton armé et trois mètres de plomb, en attendant « le transfert vers la base de surhommes de l’étoile Aldébaran » ? Sylvain-Pierre DURIF au pays du LSD !

     

    Que les Dieux m’en soient témoins : je fais le serment de rire grassement, voire de me fendre franchement la gueule en jouant volontairement et fièrement le gros Troll, lors de ma prochaine rencontre (fût-elle brève, je ne peux pas les blairer) avec ces tristes personnages.

     

    Une vie sans plaisirs, sans saveurs, sans amour vrai et accompli, sans humour, sans dérision, sans esprit critique envers les conneries que vous proférez, ne vaut à mon sens pas d’être vécue autrement que comme de la soumission pure et simple. Et peu importe l’idéologie, la « nouvelle religion », la forme de « développement personnel » aux porosités troublantes avec certaines personnes peu recommandables, ou autres.

     

    J’aime mon pays, mais pas ce qu’il est devenu. J’ai mes rêves, mes idéaux, mes idées, ma culture, mes croyances, je ne les impose à personne. Je n’ai pas à être « fier d’être Français », pas avec ce que je constate dans ce quotidien insipide et grotesque de nivellement par le bas.

     

    Pas plus que je n’ai à « laisser passer » les dérapages véritablement honteux de certains médias, sur les maladies psychiques. Comme si on (les malades et leurs familles) ne souffrait pas déjà suffisamment ! Bien évidemment, il y a eu la séquence dans l’émission de l’autre con qui se permet de dire « c’est dur, chaque mois, avec 25,000 € de salaire » (!), et dernièrement, une vidéo de Fort Boyard (émission au taux de polémique aussi élevé que « Des Chiffres et des Lettres » !) Après tout, on peut dire que « ça va dans le sens du mouvement ».

     

    Ni plus ni moins, et comme je me suis déjà permis de le dire ici, chers lecteurs et amis, tout cela va dans le sens du sacro-saint « management par la peur », de l’information biaisée bénie prise comme parole d’évangile, et anxiogène en plus (même sous couvert éhonté de « divertissement »), … Et, je suis heureux de ne pas avoir la télé. Voilà. Au moins, je peux le dire : je sais ce que je vaux, je sais ce que j’aime, je connais les gens que j’adore et ceux dont le mode de vie me fait rêver … Et nécessairement, je sais ce que je déteste, et je connais mes ennemis. Fussent-ils idéologiques, éthyliques, ou bien sûr, la triste classe des « déclassés ». Et, en reparlant d’eux, quel est le fait le plus grave ? Qu’ils aient le permis de conduire, le droit de vote, ou qu’ils aient des gamins ? A coup sûr, les trois à la fois.

     

    A bientôt pour de nouvelles aventures. Ah, au fait : mes « mémoires » sont disponibles en format liseuse comme en format papier sur Amazon, je vous donnerai le lien prochainement si ça vous intéresse. Que les Dieux veillent sur vous tous et sur vos clans respectifs.



    - Troll

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  • Bonsoir, chers lecteurs et amis.

     

    Ce soir, j’aimerais vous faire partager une expérience assez intéressante, que j’ai vécu il y a quelques semaines. Une simple promenade nocturne dans un village Breton endormi peut parfois apporter beaucoup…

     

    Minuit approchait, durant cette nuit en pleine semaine, je n’avais rien à faire de particulier, pas sommeil, ni envie de lire un livre. Alors, j’ai choisi d’enfiler mes Caterpillar, de mettre mon Harrington, mon béret, mes bracelets de force en cuir, de prendre un couteau suisse avec moi, et en avant. Muni de ma fidèle lampe-torche Maglite, j’avançais dans l’obscurité, pour quitter les environs de l’immeuble où j’habite. Et, croyez bien que la Maglite se révèle toujours utile dans ce genre de cas. Car, en zone rurale, bien souvent, seule la rue principale et ses environs immédiats sont éclairés la nuit.

     

    Paganisme Nocturne...

     

    Donc, après avoir évité de trébucher connement sur des détritus laissés là par les regrettables déchets humains qui me servent tant bien que mal de « voisins », je prends résolument la direction de l’église. Une ou deux voitures passent, en trombe, la limitation de vitesse à 50 km/h en ville ne semble pas les concerner. Je m’abstiendrais de vous citer les modèles de voitures en question, et le genre de leurs conducteurs, vous les connaissez mieux que moi…

     

    Bref, j’arrive vers l’église, que je contourne par le sud-est, ensuite de quoi je rejoins la route nationale. Je traverse, en ayant pris soin d’enlever mes écouteurs de baladeur MP3 : ne tentons pas le diable, même si je ne crois pas en son existence. Puis, je continue vers le nord, car je sais que, non loin de là, une croix de Saint-Patrick orne l’îlot central d’un rond-point. Quelques animaux, tout aussi nocturnes que moi ce soir là, sont également présents : çà et là un chat prenant peur de ma présence, des lucioles dans un jardin, un hérisson qui traverse le chemin vicinal… Je ne tente pas de le diriger vers le pré voisin, je n’ai pas de gants.


    Paganisme Nocturne...




    Un peu plus loin, j’aperçois une forme semblant rousse, un canidé, avec une longue queue en panache. Un renard ! L’animal reste figé un instant dans le faisceau de ma torche, puis s’enfuit. Ici, c’est courant, à vrai dire, les renards sont tellement traqués par certains chasseurs qu’ils se rapprochent de plus en plus des zones habitées, surtout pour trouver de la nourriture, ou un lieu pouvant leur servir de terrier. Une ancienne grange, un appentis, une cabane de jardin leur conviennent très bien.

     

     

    Paganisme Nocturne...

     

    Le Folk ou Pagan BM résonne dans mes écouteurs. Le ciel est d’une luminosité incroyable ce soir, la Lune est pleine, sans doute une des raisons de mon insomnie. Les principales étoiles et planètes sont parfaitement visibles, Vénus est brillante comme à son habitude, la Grande Ourse et la Petite Ourse sont là aussi. Oh ! Une « étoile filante » ! Vite, un vœu. Voilà qui est fait. Ma sabotée nocturne continue, un propriétaire de maison a laissé sa porte de garage ouverte, alors qu’il semble s’être endormi devant la lanterne à conneries… A quoi sert une alarme, dans ce cas ? Je ne me demande même pas s’il me voit, alors que je suis toujours sur le chemin vicinal. Et quand bien même ? Eh bien, je m’en fous pas mal. Je ne vis pas dans la peur, contrairement à ces gens. Je convertis mes anciennes peurs en bouclier protecteur.

     

    Vous savez, chers lecteurs et amis, dans ces moments de solitude volontaire, on ressent le besoin d’introspection, de réfléchir, de ne plus donner à ses jambes que les impulsions nécessaires pour marcher, et de laisser le cerveau divaguer. Sur le Paganisme, sur la vie en général, sur tant d’autres choses… sur cette nécessité parfois, de s’éloigner un petit moment, même rien qu’une heure, de la « civilisation ». Et, de se sentir aussi minuscule, sous la voûte des Dieux, le visage doucement caressé par une brise qui vous étreint comme un Esprit nyctalope… Ça fait du bien. Ça donne du sens à vos croyances. Oui, ça permet de prendre ses distances avec les représentants les plus cons, les plus beaufs, les plus normopathes de l’espèce humaine.

     

    La fatigue, finalement, commence à reprendre le dessus. Alors, d’un pas assuré, quoique pesant, je reprends la direction de mon antre… Les oiseaux nocturnes peuplent les bruits de la nuit, quelques avions parsèment le ciel des flashs de leurs feux de navigation, l’éclairage public revient, puis s’interrompt alors que j’approche de mon immeuble… Et me voici rentré.

     

    Finalement, j’ai envie de lire un peu. « B.A. BA Tradition Nordique ». Toujours en écoutant du Pagan et Folk Metal… on ne change pas une équipe qui gagne. Surtout, on n’échange pas une équipe de Trolls contre un plein village d’Elfes. Sauf s’il y a des pommes et des bâtons pointus dans le coin, bien évidemment ^^

     

      Bon week-end à vous, chers lecteurs et amis.

     

    - Troll

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  • Bonsoir, chers lecteurs et amis.

     

    Je vous reviens aujourd’hui, après plusieurs jours d’absence… On va dire que les circonstances du calendrier ne m’aident pas trop. En effet, comme chaque année à la même époque, c’est la période des tristes « anniversaires » de mes deux hospitalisations en psychiatrie. Donc forcément, des souvenirs désagréables reviennent, j’ai parfois du mal à m’endormir, je rumine, je repense à tant de choses qui se sont produites durant ma jeune existence… Et, ce que je n’arrive pas à oublier, ce sont ces voix, toutes ces voix, qui me surprennent à nouveau, alors que je m’y attends le moins.

     

    Des voix qui me répètent « tu es gros », « tu es nul », « tu es en échec scolaire », « tu as fait ça et pas ça », « tu ne vaux rien, parce que t’es pas du métier », « tu ne feras rien de ta vie », « boloss, tu lis un livre wesh », « mécréant, Dieu te punira », « connard irresponsable mangeur de cadavre », … Oui, toutes ces voix, sur lesquelles ma mémoire n’arrive pourtant plus à fixer le moindre visage, je les entends parfois dans mon inconscient.


    Oui, ça me trouble. Oui, ça a failli foutre ma vie en l’air. Eh oui, je n’ai pas eu de chance, ni à l’école, ni dans le monde professionnel. La vie ne m’a pas laissé de répit. Peut être suis-je né sous une mauvaise étoile. Faut dire, avec mon connard de père, qui m’a laissé son nom de famille, je n’étais pas bien parti dans la vie. Oui, je dis « mon connard de père », et je n’en ai pas honte, car c’est exactement ce qu’il est. Le truc est qu’il m’a traité de « bâtard » alors que ma mère me portait dans son ventre. Et, quand on vous le dit, ça vous marque, pas que sur l’instant, mais à vie. Et je ne lui pardonnerais jamais, à mon « géniteur », de m'avoir abandonné pendant 12 ans, d'être ressurgi du passé, puis de foutre à nouveau le camp, plus rien depuis 1998...

     

    Tellement de voix - So Many Voices (merci au groupe End of Green)

     

    Ces putains de voix, je les entends de jour comme de nuit. C’est fort probablement lié à ma maladie, et sans doute que le fait d’aller voir un psy régulièrement fait aussi ressortir tout ça. Et, heureusement, je ne fais pas ce qu’insinuent ces voix, ce qu'elles disent, les insanités qu'elles profèrent, les exhortations à baisser les bras. Je n’abandonne pas. Je ne me résigne pas. Je me retiens parfois de fondre en larmes à l’évocation de mon douloureux passé, mais je me console en me disant que, pour certaines de ces voix, leurs auteurs sont sans doute entre quatre planches. « La vengeance est un plat qui se mange froid ». Pour moi, c’est du surgelé.

     

    Tellement de voix - So Many Voices (merci au groupe End of Green)

     

    Si j’avais abandonné le combat, pendant mes pires moments, je ne serai sans doute plus là pour vous l’écrire. Vous voyez, si vous avez vécu quelque chose de similaire à mon expérience, vous comprenez tout autant ce que je ressens qu’un bon psychiatre. D’ailleurs, il faudrait que je lui en parle. 

     

    Vous savez, vu ce que j’ai vécu, je m’estime heureux d’être arrivé à l’âge de 31 ans. C’est sûr, je souffre de cette putain de maladie, j’ai souffert encore plus sur Grenoble et dans la Creuse, c’est une des raisons pour lesquelles je ne retournerai probablement jamais vivre dans ces deux régions. Je ne sais combien de fois, ces voix (dans le réel) m’ont menacé, m’ont raillé, se sont moquées de moi, ont voulu que je commette l’irréparable en me supprimant, m’ont accusé d’actes que je n’ai pas commis, de choses que je n’ai jamais dit, ad nauseam, etc.


    Mais, croyez-moi : il faut transformer sa souffrance en force de caractère, en bouclier protecteur, pour repousser tous ces connards et toutes leurs débilités sans fondements. Il faut se montrer plus fort que ces voix, que ces « personnes » qui ne trouvent leur salut que dans la moquerie de plus faible qu’eux, dans le bizutage, dans la provocation, dans l’effet de groupe, ou dans l’effet de mode. Parce que vous valez mieux que ça. Parce que vous valez mieux que faire semblant d’être « normal » pour vous faire des amis. Surtout des amis qui ne vous méritent pas.

     

    Je vous en conjure, chers amis : ne faites pas les mêmes erreurs que moi. Ne foutez pas votre santé en l'air pour des connards et des pétasses normopathes et définitivement matérialistes, à défaut que ces braves gens se fassent pousser un cerveau. Préférez rester seuls plutôt qu'entouré par des marionnettes obéissant à la télé et aux modes. Ne passez pas vos vies à attendre quoi que ce soit de la part de personnes similaires à celles qui vous ont pourri votre adolescence. Pensez par vous-même.

     

    Avec toutes mes amitiés.

     

    - Troll

     

     

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