• Le Metal nous échapperait-il ?

    Bonjour, chers lecteurs et amis.

     

    Et nous voilà repartis pour un nouveau convoi de hallebardes de la part de votre Troll favori. Oui, sauf que le sujet que j’ai l’intention de traiter dans ce billet d’humeur me touche, et touche aussi une partie non négligeable de mes lecteurs. Je vais parler du Metal. Non pas pour faire un nouveau serment d’allégeance et d’honneur à mon univers culturel favori … mais plutôt pour relever des « dysfonctionnements », je dirais, une certaine perte d’identité, voire même des conneries innommables qu’on aurait volontiers laissé aux contemplateurs de la sacro-sainte « norme ». J’ai l’impression que le Metal est en train de changer, plus exactement quelques groupes, et une partie du public aussi. J’ai l’impression que les choses ont une « sonorité » différente dans l’univers du gros riff qui tâche, du putain de blast beat, du mosh pit qui envoie du gros, des pintes de bière aux gobelets en plastique consignés … Vous allez le voir.

     

    Tout d’abord, je ne peux m’empêcher de penser à la miss « nan mais allô, t’es une fille, t’as pas de shampooing », laquelle, malgré son statut de starlette lancée comme un paquet de lessive (mais qui s’écrasera comme un paquet de ***), dans l’univers branchouille, putride et indigeste de la « télé-réalité », n’a rien trouvé de mieux à faire que de poser pour une photo … vêtue d’un tee-shirt Iron Maiden. Entre nous, à la place de Bruce DICKINSON ou de Steve HARRIS, j’aurai mal supporté qu’une représentante de « l’internement télévisuel » ...

     

    - de facto, la pire saloperie que les patrons de chaînes mettent en avant en niant totalement un seuil acceptable de dignité humaine au profit des recettes publicitaires, mais bon, passons -

     

    porte un tee-shirt avec un nom de groupe et un visuel évoquant la liberté, la créativité, le bonheur de jouer avec les « peurs médiatiques » des péquins moyens par le biais d’une culture qui a toujours été mise à l’index. Et si nous retournions la situation … Imaginez donc Famine de KPN qui porte un tee-shirt vantant Maître Gims ! Non, bien sûr, ça n’arrivera jamais. Mais, j’ai comme l’impression que l’auto-promotion du statut de « rebelle » n’est, pour certains « avatars de la norme » (qui a dit « pour la majorité » ?), qu’une preuve, s’il en fallait encore une, du côté « cible potentielle pour publicitaires » de ces rebelles … Alors que, bien évidemment, ils n’ont rien à voir avec le Metal, encore moins avec les références livresques de notre musique préférée (savent-ils lire, d’ailleurs, ces « rebelles » ? Vu la façon dont ils écrivent leur propre langue natale, on se le demande), aucune idée de ce qu'est la liberté au sens propre et appliqué, bien sûr.


    Et ces braves pantins qui prennent l'image qu'on leur demande de prendre ne servent finalement que de mannequins écervelés transformés en panneaux publicitaires ambulants. Car l’image du « rebelle » est vendeuse, ça évoque un certain côté « foufou », mais un cerveau faible toujours prêt à investir 22.000 € dans « la voiture idéale », la fameuse Taudis A3 TDI, bien sûr ... Entre nous, tant qu’ils jouent le jeu du système médiatique, « people », publicitaire, et tant qu’ils en touchent des revenus, ils ne pensent pas à se retourner contre lui, encore moins à remettre en question leur misérable existence soumise à ce système. Ça paraît tout con, mais c’est ainsi. Désolé de dire une vérité qui fâche. Et ce n'est qu'un aspect de la rancœur que j'éprouve envers les semblables (ou les descendants, le pire, c'est qu'ils se reproduisent) de ceux qui m'ont fait chier au collège, au lycée, partout ailleurs, "au nom de la norme".

     

    D’autre part, et là, c’est beaucoup plus grave (car, juridiquement, ça porte à conséquences), j’ai eu connaissance (par des vidéastes amateurs étant aussi Metalleux et quelques rares articles de journaux) de nombreux harcèlements sexuels ou attouchements, allant parfois jusqu’à l’agression sexuelle, perpétrés par … des festivaliers du Hellfest, pendant ce festival. Croyez-le ou non, chers amis, mais les signalements de harcèlement sexuel, d’attouchements, ou d’agressions sexuelles, ont augmenté depuis quelques années, dans les festivals de Rock ou de Metal. Tout en prenant en compte le fait que ces actes infamants sont de plus en plus fréquents sur la voie publique (hors festivals), je suis littéralement écœuré que cela se produise maintenant dans des festivals à la réputation déjà salement écornée chez les cathos intégristes, chez les familles « bien comme il faut », chez les vieux débris qui ont peur de tout … par le biais, naturellement, de « chaînes d’info » et de reportages inévitablement partisans, vous savez bien que je ne les porte pas dans mon cœur, et que je ne leur souhaite que l’écran noir.

     

    Je pensais, bien naïvement (Dieu me tripote), que nous autres Metalleux, n’en arriverions jamais à nous comporter comme le plus minable des « survêt casquette baskets » qui ne cherche qu’à « pécho de la biatch », pardon, « oublier sa hargne et sa violence infondée en ayant une relation sexuelle avec une personne du sexe opposé » (la traduction est nécessaire …) Si nous en sommes là aujourd’hui, ça n’est pas seulement immonde, c’est juste inadmissible dans le milieu Metal. Comme dans le milieu Goth. Comme dans des univers culturels qui sont, à l’instar de notre culture, proches idéologiquement ou sociologiquement. Et c’est sans doute une nouvelle raison pour moi, de ne jamais aller au Hellfest, festival qui, j’y arrive, a réussi à se faire détester par certains d’entre nous.

     

    Le Hellfest, justement. Pour celles et ceux qui n’y ont pas été cette année, savez-vous ce qu’ils ont réussi à faire, de façon totalement éhontée ? Tout simplement à vendre la totalité des pass du festival, et ce avant de dévoiler les groupes présents à ce festival. Notons d’ailleurs une subtile augmentation du prix de ce « pass 3 jours », ainsi que le fait que plusieurs groupes qui se sont produits cette année sont déjà venus 3 ou 4 fois depuis les débuts de ce festival. Si, il y a trois ou quatre ans, je pensais faire ce festival au moins une fois dans mon existence … Là, vu les circonstances et vu leur volonté de vouloir en faire un « festival fourre-tout », je laisse tomber. Non, je ne me taperai pas 300 bornes, je ne camperai pas dans un champ qui pue la pisse, je ne croiserai pas des mecs qui montrent leur cul à la télé (au « Petit Journal » comme ailleurs, tant pis pour la dignité, passons encore une fois), pour avoir le droit de dire « J’y étais ». A vrai dire, ce festival a pris une orientation volontairement mercantile, et il est quasiment acquis que, non seulement nous n’y verrons jamais des groupes peu connus mais respectueux d’une certaine qualité de création originale, mais aussi que ce festival finira par s’autodétruire … à force de faire venir les mêmes groupes 5 ou 6 fois de suite, de leur donner un cachet 6 ou 7 fois supérieur à ce qu’ils demandaient il y a 10 ans, à jouer la carte de « la grande famille » … En devenant « mainstream », quoi. Et je ne verserai pas une larme ce jour là.

     

    Par contre, si un groupe que j’aime bien passe à Quimper, à Brest, à Lorient, ou ailleurs en Bretagne, et que je peux aller les voir lors d’un concert durant une seule soirée, pour un prix raisonnable, et un événement musical « en petit comité » (bien loin de 90,000 personnes qui se marchent dessus), ça me conviendra très bien. Libre à tous les autres d’apprécier faire la queue pour écouter du Metal, alors qu’ils font déjà la queue tout le reste de l’année, que ce soit aux péages des autoroutes, aux portes des stations de ski, dans les aéroports, au supermarché l’avant-veille de Noël, ou pour acheter le nouveau « smartphone » à la mode qui ne coûte « que » 1300 €. Grand bien leur fasse, Dieu me tripote (encore une fois) ! Ils ne se rendent même pas compte qu’ils deviennent encore plus « mainstream » et plus « commerciaux » que ce qu’ils ont toujours détesté ! J’aurai été avec plaisir au Ragnard Rock Festival, mais il n’existe plus, sans doute la faute à certaines associations de gens pas drôles et autres « guerriers d’Internet » qui ne prennent même pas la peine d’orthographier correctement un nom de groupe de BM, encore moins de vérifier si ce groupe de BM va réellement interpréter des chansons « faisant l’apologie de la haine » dans ce festival. Bizarrement, les paroles de la plupart des "artistes" de Rap ou de RNB qui font preuve de racisme inversé (eh oui, ça existe), ne font pas hurler les "antifas". Ce qui leur donne, semble-t-il, un petit côté masochiste. "On se fait du mal comme on peut"...

     

    Finalement, même moi, je peux être considéré comme « faf » par ces braves gens. Pourquoi ? Je roule en Ford (le fait que Henry FORD ait financé les nazis avant la Seconde Guerre mondiale leur suffit), j’utilise des produits cosmétiques souvent fabriqués pour le hard discount par BAYER (idem), je suis païen (ça leur suffit pour créer un point Godwin en y associant la « société de Thulé »), et j’écoute du BM. Sans compter mon Harrington, mes Rangers 14 trous (dont les lacets sont noirs picétout), et le fait que je ne comprenne pas ce qui les amène à divulguer des coordonnées personnelles sur leurs blogs (celles de leurs opposants de l’autre extrême). Quand on se fabrique des ennemis … on en arrive à tomber sur un os. Qu’ils ne viennent pas pleurer s’ils se font surprendre.

     

    Évidemment, ce que je fais, ce que je pense, ce que j’aime (de la collection de timbres aux couteaux suisses, en passant par l’humour à l’ancienne), les groupes que j’écoute (je n’ai même pas le dernier album de Korn, pensez donc !) ... rien de tout cela n’est « tendance ». C’est là finalement tout le problème avec les tendances, les « modes », chers lecteurs et amis : dès que ça arrive, tout le monde est content, ce qui est remplacé par la nouvelle tendance devient vite ringard, nul, naze, tout le monde se précipite dessus comme un vol de corbeaux sur une charogne. Eh oui, même dans le Metal, ça existe. Même dans le milieu Goth. Même parmi les Travellers (pour certains, l’adulation envers le Mercedes 508 de 6,75 mètres de long, déclassé véhicule léger, est toujours tenace, malgré la surcharge dès qu’un teuffeur embarque avec son chien et un pack d’eau en bouteille …) Et c’est là tout le paradoxe : au lieu d’adhérer à ces « tendances », à ces « modes », pourquoi ne pas se contenter de ce que nous avons ? En tant qu’outsiders assumés, est-ce que s’abandonner à la « mode » n’est pas une trahison à nos idéaux, à nos rêves, à notre volonté d’être tels que nous sommes, heureux avec le savoir au lieu de l’avoir, et la détermination de mener nos vies comme nous l’entendons ?

     

    Donc, oui, je pense que le Metal est en train de nous échapper, de changer, d’évoluer … et, pour plusieurs éléments, pas dans le bon sens. Soyez rassurés : votre Troll préféré est toujours là. Eh non, je ne renoncerai jamais à ce que je suis.

     

    Bon week-end à vous tous, à bientôt.

     

    - Troll

    « Accepter la vérité, le premier pas vers la sagesse et l'honneur.La France part en couilles ... mais elle est déjà arrivée à destination. »
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